Dans le Tombeau de Joseph


Jésus était enfin entré dans son repos. Ce jour interminable d'opprobre et de supplice avait pris fin. Au moment où les derniers rayons du soleil couchant annoncèrent le sabbat, le Fils de Dieu reposait paisiblement dans le tombeau de Joseph. Son œuvre achevée, les mains jointes, en une attitude de paix, il se reposa pendant les heures sacrées du sabbat.

Au commencement, après avoir achevé l'œuvre de la création, le Père et le Fils s'étaient reposés le jour du sabbat. Quand eurent été achevés "les cieux et la terre, avec toute leur armée", le Créateur se réjouit avec tous les êtres célestes dans la contemplation de ce glorieux spectacle, "pendant que les étoiles du matin entonnaient des chants d'allégresse et que les fils de Dieu poussaient des acclamations1". Maintenant Jésus se reposait, ayant accompli l'œuvre de la rédemption; et bien qu'il y eût de la tristesse parmi ceux qu'il avait aimés sur la terre, le ciel était dans la joie. De brillantes perspectives d'avenir apparaissaient aux yeux des êtres célestes. Une création restaurée, une race rachetée, incapable de tomber après avoir vaincu le péché, — voilà ce que Dieu et les anges voyaient comme résultat de l'œuvre achevée par le Christ. Ce tableau reste à jamais associé au jour où Jésus s'est reposé ... Car son "œuvre est parfaite"; et "tout ce que Dieu fait subsiste à toujours". Quand aura lieu le "rétablissement de tout ce dont Dieu a parlé par la bouche de ses saints prophètes d'autrefois", le sabbat de la création, le jour où Jésus s'est reposé dans le tombeau de Joseph, sera encore un jour de repos et de réjouissances. Le ciel et la terre uniront leurs louanges quand, "de sabbat en sabbat", les nations rachetées se prosterneront dans une adoration joyeuse devant Dieu et devant l'Agneau.

Les derniers événements du jour de la crucifixion apportèrent de nouvelles preuves de l'accomplissement des prophéties, et rendirent un nouveau témoignage à la divinité du Christ. Lorsque les ténèbres se furent dissipées autour de la croix, et que le Sauveur mourant eut prononcé son dernier cri, on entendit immédiatement une autre voix qui disait: "Cet homme était vraiment le Fils de Dieu."

Ces paroles furent prononcées d'une voix forte. Tout le monde se détourna pour voir d'où elle venait. Qui avait parlé? C'était le centenier romain. La patience divine du Sauveur, sa mort soudaine, précédée d'un cri de victoire, avaient fait impression sur ce païen. Dans ce corps meurtri et brisé suspendu à la croix, le centenier reconnut la forme du Fils de Dieu. Il ne put s'empêcher de confesser sa foi. On voyait ainsi, une fois de plus, qu'il serait donné au Rédempteur de contempler le fruit de ses labeurs. Le jour même de sa mort, trois hommes, très différents les uns des autres, avaient confessé leur foi, — celui qui commandait la garde romaine, celui qui avait porté la croix du Sauveur et celui qui était mort, sur la croix, à côté de lui.

Comme le soir approchait, un calme céleste entourait le Calvaire. La foule s'était dispersée, et plusieurs étaient retournés à Jérusalem avec des sentiments bien différents de ceux qu'ils avaient éprouvés le matin. Beaucoup, accourus pour voir la crucifixion et poussés plutôt par la curiosité que par la haine du Christ, avaient cru, néanmoins, aux accusations des prêtres et considéraient le Christ comme un malfaiteur. Ils s'étaient joints à la populace moqueuse sous l'influence d'une excitation anormale, mais quand ils virent la terre enveloppée de ténèbres, leurs consciences les accusèrent et ils se reconnurent coupables d'un grand péché. On n'entendait plus ni railleries, ni rires moqueurs au milieu de cette obscurité effrayante; quand celle-ci se fut dissipée, ils rentrèrent chez eux dans un silence solennel, et convaincus de la fausseté des accusations des prêtres. Jésus n'était plus, à leurs yeux, un charlatan; au jour de la Pentecôte, quelques semaines plus tard, lorsque Pierre prononça son discours, ils se trouvèrent parmi les milliers de personnes qui se convertirent au Christ.

Les sentiments des chefs de la nation n'avaient pas changé, malgré les événements dont ils avaient été les témoins. Ils vouaient à Jésus la même haine qu'auparavant. Les ténèbres qui avaient recouvert la terre, au moment de la crucifixion, n'étaient pas plus épaisses que celles qui continuaient d'envelopper l'esprit des prêtres et des chefs. L'étoile avait reconnu le Christ à sa naissance, et conduit les mages auprès de la crèche. Les armées célestes l'avaient reconnu et avaient chanté ses louanges au-dessus des plaines de Bethléhem. La mer avait reconnu sa voix, et obéi à son commandement. La maladie et la mort avaient reconnu son autorité et restitué leurs proies. Le soleil l'avait reconnu, et avait caché sa lumière pour ne pas voir son angoisse mortelle. Les rochers l'avaient reconnu, et s'étaient brisés, en entendant son cri. La nature inanimée avait reconnu le Christ et rendu témoignage à sa divinité. Mais les prêtres et les chefs d'Israël ne reconnaissaient pas le Fils de Dieu. Néanmoins ils éprouvaient un certain malaise. Ils avaient réussi à mettre à mort le Christ; mais ils n'éprouvaient pas le sentiment de victoire auquel ils s'étaient attendus. A l'heure même de leur triomphe apparent, ils étaient troublés par des doutes au sujet de ce qui allait suivre. Ils avaient entendu le cri: "Tout est accompli." "Père, je remets mon esprit entre tes mains." Ils restaient inquiets après avoir vu les rochers se fendre et la terre trembler. Pendant que le Christ vivait, ils avaient envié son influence sur le peuple et ils l'enviaient même après sa mort. Ils redoutaient le Christ plus qu'ils ne l'avaient redouté pendant sa vie. Ils craignaient que l'attention du peuple ne s'attachât aux événements qui avaient accompagné la crucifixion et appréhendaient les conséquences de l'œuvre de ce jour. Ils n'auraient voulu, pour rien au monde, que le corps du Christ restât sur la croix, pendant le sabbat, ce qui eût été une profanation. Saisissant ce prétexte, les principaux des Juifs demandèrent à Pilate de hâter la mort des victimes et de faire enlever leurs corps, avant le coucher du soleil.

Pilate étant de leur avis, son consentement fut donné; on brisa les jambes aux deux larrons afin de hâter leur mort; mais l'on constata que Jésus était déjà mort. Ces rudes soldats, attendris par ce qu'ils avaient entendu et vu du Christ, s'abstinrent de lui rompre les membres. Ainsi la loi de la Pâque se trouva observée dans l'offrande de l'Agneau de Dieu: "Ils n'en laisseront rien pour le lendemain matin et ils n'en briseront pas les os; ils la célébreront conformément à toutes les prescriptions relatives à la Pâque."

Les prêtres et les chefs furent surpris en voyant que le Christ avait expiré. La mort des crucifiés était généralement très lente et il était difficile de déterminer le moment du décès. C'était une chose inouïe qu'une mort si prompte, seulement six heures après la crucifixion. Les prêtres voulurent s'assurer de la réalité de cette mort: à leur instigation un soldat perça de sa lance le côté du Sauveur. Deux flots abondants et distincts, l'un de sang, l'autre d'eau, coulèrent de la blessure. Ce phénomène fut remarqué par tous les assistants, et Jean l'a noté d'une manière précise. Il dit: "Un des soldats lui perça le côté avec une lance, et aussitôt, il sortit de l'eau et du sang. Celui qui l'a vu en a rendu témoignage, et son témoignage est vrai; et lui, il sait qu'il dit vrai, afin que vous croyiez, vous aussi. Cela est arrivé, pour que l'Ecriture soit accomplie: Aucun de ses os ne sera brisé. Et ailleurs, l'Ecriture dit encore: Ils regarderont à celui qu'ils ont percé."

Après la résurrection, les prêtres et les chefs firent circuler le bruit que le Christ n'était pas mort sur la croix, qu'il s'était simplement évanoui, et qu'ensuite il avait repris connaissance. D'autres affirmaient qu'on n'avait pas enseveli un vrai corps de chair et d'os, mais un simulacre. Par leur acte, les soldats romains ont mis à nu la fausseté de ces rapports. Ils ne lui ont pas rompu les jambes, parce qu'il était déjà mort. Pour donner une satisfaction aux prêtres, ils lui ont percé le côté. S'il avait été encore vivant, cette blessure eût causé une mort instantanée.

Mais la mort de Jésus n'a été causée ni par le coup de lance, ni par les souffrances endurées sur la croix. Le grand cri jeté au moment de la mort, le flot de sang et d'eau qui s'écoula de son côté disent assez qu'il est mort d'une rupture du cœur. Son cœur se rompit sous l'effet de l'angoisse morale. Il a été tué par le péché du monde.

A la mort du Christ, les espérances des disciples s'évanouirent. Ils regardaient ses paupières closes, et sa tête inclinée, ses cheveux collés par le sang, ses mains et ses pieds percés, et ils éprouvaient une inexprimable angoisse. Jusqu'au dernier moment, ils n'avaient pas cru qu'il mourrait; c'est à peine s'ils pouvaient croire qu'il fût réellement mort. Vaincus par la douleur, ils ne pouvaient se rappeler les paroles par lesquelles il avait prédit cette scène. Rien de ce qu'il leur avait dit ne venait maintenant les réconforter. Ils ne voyaient qu'une chose: la croix avec sa victime sanglante. L'avenir leur paraissait désespérément sombre. Leur foi en Jésus avait disparu; cependant ils n'avaient jamais autant aimé leur Maître. Jamais ils n'avaient aussi bien compris sa valeur et senti combien sa présence leur était nécessaire.

Même après sa mort, les disciples éprouvaient le plus grand respect pour le corps du Christ et ils désiraient lui donner une sépulture honorable, mais ne savaient comment faire. Jésus avait été condamné comme rebelle au gouvernement romain; les condamnés de cette catégorie étaient ensevelis dans un lieu qui leur était spécialement destiné. Jean s'attardait auprès de la croix avec les femmes venues de la Galilée. Ils ne voulaient pas que le corps du Seigneur restât aux mains de soldats insensibles et fût jeté, sans honneurs, dans une fosse commune. Mais ils ne pouvaient l'empêcher. Ils n'avaient aucune faveur à obtenir des autorités juives et ne jouissaient d'aucune influence auprès de Pilate.

Dans cette conjoncture, Joseph d'Arimathée et Nicodème vinrent au secours des disciples. Tous deux riches et influents, membres du sanhédrin, en relation avec Pilate, ils étaient bien décidés à donner au corps de Jésus une sépulture honorable.

Joseph alla hardiment auprès du gouverneur romain et sollicita l'autorisation de prendre le corps de Jésus. Pilate apprit alors, pour la première fois, que Jésus était réellement mort. Des rapports contradictoires concernant les événements qui avaient accompagné la crucifixion étaient parvenus jusqu'à lui, mais on lui avait caché, à dessein, la mort du Christ. Les prêtres et les chefs avaient averti Pilate que les disciples du Christ pourraient bien se rendre coupables d'un subterfuge à l'égard du corps du Christ. Ayant entendu la requête de Joseph, Pilate fit appeler le centenier qui avait été envoyé à la croix, et obtint de lui la certitude que Jésus était bien mort. Il entendit aussi de sa bouche un récit des scènes du Calvaire qui confirmait le témoignage de Joseph.

Joseph obtint l'objet de sa requête. Tandis que Jean était inquiet au sujet de l'ensevelissement de son Maître, Joseph, nanti de l'ordre de Pilate, venait chercher le corps du Christ et Nicodème apportait un mélange coûteux de myrrhe et d'aloès, du poids d'environ cent livres, afin de l'embaumer. Les personnes les plus influentes de Jérusalem n'auraient pu recevoir de plus grands honneurs à leurs funérailles. Les disciples furent surpris en voyant que ces hommes riches et puissants s'intéressaient, autant qu'eux-mêmes, à l'ensevelissement de leur Maître.

Ni Joseph ni Nicodème n'avaient ouvertement accepté le Sauveur pendant qu'il vivait. Ils savaient qu'une telle démarche les ferait exclure du sanhédrin, et ils espéraient pouvoir le protéger grâce à l'influence qu'ils exerçaient dans les conseils. Ils avaient cru réussir pendant un certain temps; mais les prêtres rusés, connaissant la sympathie de ces hommes pour le Christ, avaient déjoué leur plan. C'est en leur absence que Jésus avait été condamné et livré à la crucifixion. Maintenant qu'il était mort, ils n'avaient plus de raison pour cacher leur attachement; alors que les disciples craignaient de se faire connaître ouvertement, Joseph et Nicodème vinrent hardiment à leur aide. L'intervention de ces hommes riches et honorés était bien nécessaire à ce moment-là. Ils pouvaient faire pour le Maître, après sa mort, ce que les pauvres disciples étaient dans l'impossibilité de faire; leur fortune et leur influence les mettaient à l'abri, dans une grande mesure, de la malice des prêtres et des chefs.

De leurs propres mains ils prirent délicatement et avec respect le corps de Jésus et le descendirent de la croix. Leurs larmes coulaient abondamment tandis qu'ils regardaient ce corps meurtri et déchiré. Joseph s'était fait creuser un tombeau tout neuf, dans le roc, non loin du Calvaire. Ce tombeau fut mis à la disposition de Jésus. Le corps du Rédempteur, soigneusement enveloppé dans un drap de lin, avec les aromates apportés par Nicodème, fut transporté jusqu'à la tombe. Là, les trois disciples remirent en place les membres déchirés, et joignirent les mains de Jésus sur sa poitrine inerte. Les femmes galiléennes vinrent s'assurer que l'on avait fait tout ce qui était possible pour la dépouille mortelle de leur Maître bien-aimé. Ensuite elles virent rouler la lourde pierre à l'entrée de la tombe, et le Sauveur fut laissé à son repos. Restées les dernières auprès de la croix, les femmes restèrent aussi les dernières près du tombeau du Christ. Les ombres du soir descendaient déjà, que Marie-Madeleine et les autres Marie s'attardaient encore, versant des larmes amères sur le sort de celui qu'elles aimaient. Puis elles "s'en retournèrent pour préparer des aromates", mais "pendant le sabbat, elles observèrent le repos, selon le commandement".

Ce sabbat-là ne devait jamais être oublié, ni par les disciples attristés, ni par les prêtres, les chefs, les scribes et le peuple. Au coucher du soleil, le soir de la préparation, les trompettes résonnèrent, annonçant le commencement du sabbat. La Pâque fut observée comme elle l'avait été depuis des siècles, alors que celui qu'elle annonçait avait été mis à mort par des méchants et qu'il gisait dans le tombeau de Joseph. Le jour du sabbat, les adorateurs remplissaient les parvis du temple. Le grand prêtre qui s'était trouvé à Golgotha était là, revêtu de ses magnifiques vêtements sacerdotaux. Les prêtres, la tête enveloppée d'un turban blanc, vaquaient activement à leurs occupations. Cependant quelques-unes des personnes présentes se trouvaient mal à l'aise tandis que le sang des taureaux et des boucs était offert pour le péché. Elles ne se rendaient pas compte du fait que la réalité remplaçait les symboles, et qu'un sacrifice infini venait d'être consommé en faveur des péchés du monde. Elles ne savaient pas que le service rituel avait perdu toute valeur. Néanmoins on n'avait jamais assisté au service avec des sentiments aussi partagés. Le son des trompettes et des autres instruments musicaux ainsi que la voix des chanteurs s'élevaient aussi haut que d'habitude. Pourtant un sentiment étrange planait sur toutes choses. Chacun s'informait au sujet d'un événement extraordinaire qui venait de se produire. Jusqu'alors le lieu très saint était resté caché à tout regard profane; maintenant le lourd tapis de lin pur magnifiquement ouvragé d'or, d'écarlate et de pourpre, qui servait de voile, était déchiré de haut en bas. Le lieu où Jéhovah s'était rencontré avec le souverain sacrificateur pour révéler sa gloire, le lieu sacré qui servait à Dieu de salle d'audience, était accessible à tous les regards, comme un lieu que le Seigneur ne reconnaissait plus. Les prêtres, avec de sombres pressentiments, exerçaient leurs fonctions devant l'autel. Le dévoilement du mystère sacré que renfermait le lieu très saint leur faisait redouter les pires calamités. Bien des personnes avaient l'esprit plein de pensées suscitées par les scènes du Calvaire. Dans l'intervalle qui devait s'écouler entre la crucifixion et la résurrection, bien des yeux restèrent sans sommeil, sans cesse occupés à sonder les prophéties. On s'efforçait de saisir la signification de la fête que l'on célébrait à ce moment-là, ou de trouver les preuves que Jésus n'était pas ce qu'il avait prétendu être, ou bien encore de découvrir des preuves de sa messianité. Malgré que ces recherches fussent entreprises avec des préoccupations différentes, la même conviction s'établissait chez tous: la prophétie avait trouvé son accomplissement dans les événements qui venaient de se produire, et le Crucifié était bien le Rédempteur du monde. Plusieurs de ceux qui participaient à ce service ne devaient plus jamais célébrer le rite pascal. Bon nombre de prêtres reconnaissaient le véritable caractère de Jésus. Ce ne fut pas en vain qu'ils sondèrent les prophéties: après sa résurrection ils reconnurent en lui le Fils de Dieu.

Quand Nicodème vit Jésus élevé sur la croix, il se rappela les paroles qui lui avaient été dites, de nuit, sur le mont des Oliviers: "Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut, de même, que le Fils de l'homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle." Pendant le sabbat que le Christ passa dans le sépulcre, Nicodème eut le temps de réfléchir. Une vive lumière éclaira son esprit, et les paroles que Jésus lui avait dites cessèrent d'être un mystère. Il comprit qu'il avait beaucoup perdu en ne se rattachant pas au Sauveur pendant qu'il vivait encore. Il se rappela les événements du Calvaire. La prière que le Christ avait fait entendre en faveur de ses meurtriers, la réponse qu'il avait donnée à la supplication du malfaiteur mourant, parlaient au cœur du savant sénateur. Il revoyait le Sauveur, dans son agonie; il entendait, à nouveau, le dernier cri: "Tout est accompli", qui avait retenti pareil à celui d'un conquérant. Il revoyait la terre vacillante, les cieux obscurcis, le voile déchiré, les rochers brisés, et sa foi triompha pour toujours. Les mêmes événements qui avaient anéanti les espérances des disciples eurent pour effet de convaincre Joseph et Nicodème de la divinité de Jésus. Leurs craintes firent place au courage d'une foi ferme et inébranlable.

Jésus n'avait jamais autant attiré l'attention des foules que depuis qu'il était dans sa tombe. Les gens continuaient d'amener des malades et des personnes souffrantes dans les parvis du temple, et demandaient: Qui peut nous dire où se trouve Jésus de Nazareth? On venait de très loin pour trouver celui qui avait guéri des malades et ressuscité des morts. De tous côtés on entendait dire: Nous voulons voir le Christ, le Guérisseur. A cette occasion, ceux qui présentaient les symptômes de la lèpre étaient examinés par les prêtres. Plusieurs avaient la douleur d'entendre déclarer lépreux, soit leurs maris, soit leurs femmes, soit leurs enfants. Ces malheureux devaient quitter leur foyer, cesser d'être l'objet des soins de leurs amis, et tenir tout le monde à distance en criant: Impur, impur! Les mains bienveillantes de Jésus de Nazareth, qui n'avaient jamais refusé l'attouchement guérisseur aux lépreux les plus repoussants, étaient jointes sur sa poitrine. Les lèvres qui, en réponse à la supplication du lépreux, avaient prononcé ces paroles consolantes: "Je le veux, sois purifié", étaient maintenant silencieuses. Plusieurs faisaient appel, mais en vain, à la pitié des principaux sacrificateurs et des chefs pour obtenir quelque soulagement. On eût dit qu'ils étaient décidés à obtenir que le Christ fût de nouveau vivant au milieu d'eux. Ils le réclamaient avec persistance et ne voulaient pas se laisser congédier; on les chassa des parvis du temple, et des soldats furent placés aux portes pour refuser l'entrée aux foules qui affluaient avec des malades et des mourants. L'espoir des affligés, accourus pour chercher la guérison auprès du Sauveur, sombrait dans une amère déception. Les rues retentissaient de lamentations. Des malades mouraient faute de l'attouchement de Jésus. En vain l'on consultait des médecins; personne ne possédait l'habileté de celui qui reposait dans le tombeau.

En entendant les gémissements de tant d'êtres souffrants, des milliers de personnes comprenaient qu'une grande lumière venait de quitter le monde. Sans le Christ, la terre n'était plus qu'obscurité et ténèbres. Beaucoup de ceux qui avaient crié: "Crucifie-le! Crucifie-le!" voyaient maintenant de quelle calamité ils étaient frappés, et si Jésus eût été encore vivant, ils eussent crié tout aussi volontiers: Relâche-nous Jésus!

Quand le peuple eut appris que Jésus avait été mis à mort par les prêtres, on s'enquit au sujet de cette mort, et, bien que le secret fût gardé le mieux possible, le nom du Christ passait sur des milliers de bouches, et partout l'on parlait de son procès, qui n'avait été qu'une parodie, et de l'inhumanité dont avaient fait preuve ses juges. Des hommes intelligents s'adressaient aux prêtres et aux chefs pour avoir l'explication des prophéties de l'Ancien Testament concernant le Messie: ces docteurs essayaient d'inventer une réponse mensongère; ils paraissaient atteints de folie et étaient incapables d'expliquer les prophéties se rapportant aux souffrances et à la mort du Christ, de sorte que beaucoup de chercheurs furent convaincus que les Ecritures étaient accomplies.

Les prêtres s'étaient promis une douce vengeance, mais déjà celle-ci leur était amère. Ils se voyaient l'objet des censures sévères du peuple, qu'ils avaient influencé contre Jésus et qui était maintenant rempli d'horreur à la pensée de la honteuse action commise. Ces prêtres s'étaient vainement efforcés de croire que Jésus était un séducteur. Quelques-uns avaient été témoins de la résurrection de Lazare et ils frémissaient à la pensée que le Christ pourrait ressusciter, lui aussi, d'entre les morts et réapparaître devant eux. Ils l'avaient entendu dire qu'il avait le pouvoir de donner sa vie et de la reprendre. Ils se rappelaient ces paroles: "Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai." Judas leur avait rapporté les paroles que Jésus avait dites au cours de son dernier voyage à Jérusalem: "Voici, nous montons à Jérusalem, et le Fils de l'homme sera livré aux grands-prêtres et aux scribes. Ils le condamneront à mort et le livreront aux païens, pour qu'ils se moquent de lui, le flagellent et le crucifient; et le troisième jour il ressuscitera." Ils avaient ridiculisé ces affirmations, mais maintenant ils constataient que déjà la plupart des prédictions du Christ s'étaient accomplies. Qui pouvait garantir qu'il ne ressusciterait pas, au troisième jour, comme il l'avait proclamé? Ils cherchaient sans y parvenir à se débarrasser de ces pensées. Comme leur père, le diable, ils croyaient et tremblaient.

Maintenant que l'effervescence était calmée, l'image du Christ s'imposait à leur esprit. Ils le revoyaient devant ses ennemis, serein, ne faisant entendre aucune plainte, endurant, sans un murmure, les injures et les mauvais traitements qu'on lui infligeait; ils se souvenaient des moindres particularités du procès et de la crucifixion, et en eux s'établissait la conviction que celui qu'ils avaient crucifié était le Fils de Dieu. Ils sentaient qu'il pouvait à tout instant se dresser devant eux, d'accusé devenir leur accusateur, de condamné leur juge, et exiger la mort de ses meurtriers.

Au cours de ce sabbat, ils n'eurent guère de repos. Ceux-là même qui n'avaient pas voulu franchir le seuil d'un païen par crainte de se souiller, tinrent un conseil à propos du corps du Christ. La mort et le sépulcre devaient garder celui qu'ils avaient crucifié. "Les grands-prêtres et les pharisiens allèrent ensemble trouver Pilate et dirent: Seigneur, nous nous souvenons que cet imposteur a dit quand il vivait encore: Après trois jours, je ressusciterai. Ordonne donc que le sépulcre soit gardé jusqu'au troisième jour, afin que ses disciples ne viennent pas dérober Jésus et dire au peuple: Il est ressuscité des morts. Cette dernière imposture serait pire que la première. Pilate leur dit: Tenez, voici une garde. Allez, assurez-vous de lui comme vous l'entendrez."

Les prêtres donnèrent des instructions pour la surveillance du sépulcre. Une grande pierre avait été placée devant l'ouverture. Ils mirent, en travers de cette pierre, une corde dont les bouts furent fixés au rocher, et ils y apposèrent le sceau romain. Il était impossible de déplacer la pierre sans rompre le sceau. On posta une centaine de soldats aux alentours du tombeau pour empêcher tout subterfuge. Les prêtres firent tout ce qui était en leur pouvoir pour garder le corps du Christ à l'endroit où il avait été placé. Il était enfermé dans sa tombe comme s'il devait y rester à toujours.

Ainsi raisonnaient et agissaient les hommes, dans leur faiblesse. Ces meurtriers ne se rendaient pas compte de l'inutilité de leurs précautions. Mais Dieu devait être glorifié par leur moyen. Les efforts tentés en vue d'empêcher la résurrection du Christ fournissent les arguments les plus convaincants à l'appui de sa réalité. Plus nombreux étaient les soldats autour de la tombe, plus puissant serait le témoignage en faveur de la résurrection. Le Saint-Esprit avait déclaré par l'intermédiaire du psalmiste, des centaines d'années avant la mort du Christ: "Pourquoi les nations s'agitent-elles? Pourquoi les peuples forment-ils de vains projets? Les rois de la terre se sont soulevés et les princes conspirent ensemble contre l'Eternel et contre son Oint. ... Celui qui habite dans les cieux en rira." La garde romaine et les armes romaines étaient impuissantes à retenir, dans la tombe, le Seigneur de la vie. L'heure de la délivrance approchait.

 

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