Gethsémané


Ce chapitre est basé sur Matthieu 26:36-56; Marc 14:32-50; Luc 22:39-53; Jean 18:1-12.

Suivi de ses disciples, le Sauveur s'achemine lentement vers le jardin de Gethsémané. La lune est dans son plein; elle resplendit dans un ciel sans nuage. Les tentes des pèlerins sont plongées dans le silence.

Jésus avait eu, avec ses disciples, une conversation animée; cependant, à mesure qu'ils s'approchaient de Gethsémané, son attitude devenait étrangement silencieuse. Souvent il était venu méditer et prier là. En cette nuit où devait avoir lieu sa dernière agonie, il éprouvait une douleur qu'il n'avait jamais ressentie. Durant toute sa vie terrestre, il avait marché dans la lumière de la présence divine. Alors qu'il se trouvait en conflit avec des hommes qu'inspirait l'esprit de Satan, il pouvait dire: "Celui qui m'a envoyé est avec moi; il ne m'a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable." Mais cette fois il paraissait privé de la présence réconfortante de la lumière divine. Il était maintenant compté parmi les transgresseurs. Il lui fallait porter le poids de la culpabilité de l'humanité déchue. L'iniquité de nous tous devait reposer sur celui qui n'avait pas connu le péché. Le péché lui paraît si redoutable, le fardeau de la faute est si lourd, qu'il a lieu de craindre de se trouver, pour toujours, privé de l'amour de son Père. Sachant quelle aversion Dieu éprouve pour le péché, il s'écrie: "Mon âme est triste jusqu'à la mort."

En approchant du jardin, les disciples avaient remarqué le changement soudain qui s'était produit chez le Maître. Ils ne l'avaient encore jamais vu aussi abattu et silencieux et n'osaient lui demander la cause de sa tristesse. A mesure qu'il avançait, cette angoisse augmentait. Il chancelait comme s'il allait tomber. Les disciples cherchèrent au jardin l'endroit où il avait coutume de se retirer, pensant que le Maître pourrait s'y reposer. Chaque pas lui coûtait un effort. Comme accablé par un fardeau écrasant, il faisait entendre des gémissements. Par deux fois ses compagnons durent le soutenir, sans quoi il se serait écroulé sur le sol.

A l'entrée du jardin, Jésus laissa tous ses disciples, à l'exception de trois, leur recommandant de prier pour eux et pour lui. Accompagné de Pierre, Jacques et Jean, il pénétra dans le lieu le plus retiré. Ces trois disciples, compagnons les plus intimes du Christ, avaient contemplé sa gloire sur la montagne de la transfiguration et vu Moïse et Elie s'entretenant avec lui; ils avaient entendu la voix du ciel. Le Christ désirait jouir de leur présence immédiate pendant sa grande lutte. Ils avaient souvent passé la nuit avec lui dans cette retraite. Après avoir veillé et prié un moment, ils s'endormaient paisiblement à quelque distance du Maître, et celui-ci les réveillait au matin pour retourner au travail. Mais cette fois il désirait qu'ils passassent avec lui la nuit en prière, sans cependant vouloir leur imposer la vue de son agonie.

"Restez ici, dit-il, et veillez avec moi."

Il s'éloigna à quelque distance, — pas si loin qu'ils ne pussent le voir et l'entendre, — et tomba à genoux. Il sentait que le péché le séparait de son Père. L'abîme était si large, si noir, si profond, que son esprit frissonnait. Il ne devait pas faire usage de sa puissance divine pour échapper à cette agonie. En tant qu'homme il devait supporter les conséquences du péché de l'homme; il devait subir la colère dont Dieu frappe la transgression.

L'attitude du Christ était bien différente de celle qu'il avait eue auparavant. Ses souffrances trouvent leur meilleure description dans ces paroles du prophète: "Epée, lève-toi contre mon berger, contre l'homme dont j'ai fait mon compagnon, dit l'Eternel des armées!" En tant que substitut et garant de l'homme pécheur, le Christ subissait la justice divine. Il voyait ce que signifie cette justice. Jusqu'ici il avait intercédé pour d'autres; maintenant il eût voulu trouver un intercesseur pour lui-même.

Sentant que son union avec le Père était brisée, le Christ craignait de ne pouvoir, dans sa nature humaine, sortir victorieux du conflit avec la puissance des ténèbres. Au désert de la tentation, la destinée de la race humaine avait été en jeu et le Christ avait vaincu. Maintenant le tentateur s'approchait pour la lutte finale, lutte formidable à laquelle Satan s'était préparé pendant les trois années du ministère du Christ. Tout était en jeu pour lui. S'il échouait maintenant, tout espoir de domination était perdu pour lui; les royaumes du monde appartiendraient enfin au Christ; Satan serait renversé et jeté dehors. Mais s'il pouvait remporter la victoire sur Jésus, la terre deviendrait son royaume et la race humaine serait pour toujours en son pouvoir.

En pensant aux conséquences possibles de la lutte, le Christ redoutait une séparation d'avec Dieu. Satan lui disait que cette séparation serait éternelle s'il devenait le garant d'un monde pécheur. Il serait assimilé aux sujets du royaume de Satan et ne retrouverait plus jamais la communion divine.

Et qu'avait-il à gagner par son sacrifice? La faute et l'ingratitude des hommes ne paraissaient-elles pas sans remède? Satan dépeignait au Rédempteur la situation sous son jour le plus sombre: le peuple qui se croit au-dessus de tous les autres, à cause de ses avantages temporels et spirituels, l'a rejeté. Il cherche à le détruire, lui qui est le fondement, le centre et le sceau des promesses faites au peuple particulier. L'un de ses propres disciples, qui a écouté ses instructions, et qui a joué l'un des premiers rôles dans l'Eglise, va le trahir; un autre, des plus zélés, va le renier. Tous l'abandonneront. Le Christ reculait d'effroi à cette pensée. Que ceux qu'il s'était efforcé de sauver et qu'il avait tant aimés pussent devenir les complices de Satan, son âme en était transpercée. La lutte était effroyable. La mesure en était donnée par la culpabilité de sa nation, de ses accusateurs et du traître, par la culpabilité d'un monde plongé dans l'iniquité. Les péchés des hommes pesaient lourdement sur le Christ, qui se sentait écrasé par le sentiment de la colère dont Dieu frappe le péché.

Il voit le prix qu'il doit payer pour l'âme humaine. Dans son agonie il contemple le sol nu, comme pour ne pas s'éloigner davantage de Dieu. La froide rosée nocturne tombe sur son corps prosterné sans qu'il y prête attention. De ses lèvres pâles jaillit ce cri plein d'amertume: "Mon Père, s'il est possible, que cette coupe s'éloigne de moi!" Cependant il ajoute immédiatement: "Toutefois, non pas comme je veux, mais comme tu veux."

Le cœur humain a besoin de sympathie quand il souffre. Le Christ éprouvait ce besoin dans les profondeurs de son être. Dans l'agonie suprême de son âme il s'approcha des disciples avec un désir intense de recevoir quelque parole de consolation de ceux qu'il avait si souvent réconfortés et protégés au sein de la douleur et de la détresse. Celui qui, toujours, avait eu, pour eux, des paroles de sympathie, endurait maintenant une agonie surhumaine, et il désirait les voir prier pour lui et pour eux-mêmes. Combien la malignité du péché lui paraissait grande! Il était fortement tenté de laisser la race humaine porter les conséquences de son propre péché et de garder, lui, son innocence devant Dieu. Si seulement il se sentait compris et apprécié par les disciples, il en serait fortifié.

S'étant levé péniblement, il vint, en chancelant, à l'endroit où il avait laissé ses compagnons. Mais il "les trouva endormis". S'il les avait vus en prière, cherchant leur refuge en Dieu pour échapper aux influences de Satan, il eût éprouvé un soulagement; la fermeté de leur foi l'eût réconforté. Mais ils n'avaient pas tenu compte de l'avertissement réitéré: "Veillez et priez." Tout d'abord, fort troublés en voyant leur Maître, d'habitude si calme et si digne, en proie à une douleur incompréhensible, ils avaient prié tandis que leurs oreilles étaient frappées par les cris de l'homme de douleur. Ils n'avaient pas l'intention d'abandonner leur Maître, mais ils semblaient paralysés par une sorte de torpeur qu'ils auraient pu secouer s'ils avaient continué de plaider auprès de Dieu. Ils ne comprirent pas la nécessité de veiller et de prier avec ferveur afin de pouvoir résister à la tentation. Immédiatement avant de se diriger vers le jardin, Jésus avait dit aux disciples: "Vous trouverez tous une occasion de chute." Ils avaient assuré avec la dernière énergie, qu'ils étaient prêts à l'accompagner en prison et à la mort. Ce pauvre Pierre, toujours plein de lui-même, avait ajouté: "Quand tous trouveraient une occasion de chute, moi pas." Mais les disciples se fiaient à eux-mêmes; malgré les conseils du Christ, ils ne regardaient pas vers leur puissant soutien. C'est ainsi qu'ils se trouvèrent endormis au moment où le Sauveur avait le plus grand besoin de leur tendresse et de leurs prières. Pierre lui-même dormait!

Jean, le disciple bien-aimé, qui s'était appuyé sur le sein de Jésus, dormait, lui aussi! L'amour que Jean avait pour son Maître aurait dû, pourtant, le tenir éveillé! A cette heure de douleur suprême il aurait dû joindre ses ferventes prières à celles de son cher Sauveur. Le Rédempteur avait passé des nuits entières en prière pour que la foi de ses disciples n'eût pas à défaillir. Si Jésus avait maintenant posé cette question à Jacques et à Jean: "Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire?" ils n'auraient pas osé répondre: "Nous le pouvons."

Les disciples se réveillèrent en entendant la voix de Jésus, mais c'est à peine s'ils purent le reconnaître, tant l'angoisse altérait son visage. S'adressant à Pierre, Jésus dit: "Simon, tu dors! Tu n'as pas été capable de veiller seulement une heure! Veillez et priez, afin de ne pas entrer en tentation; l'esprit est bien disposé, mais la chair est faible." La faiblesse des disciples éveillait la compassion de Jésus. Il craignait qu'ils ne fussent pas capables de supporter l'épreuve de la trahison, et sa mort. Sans leur faire de reproche, il leur dit: "Veillez et priez, afin de ne pas entrer en tentation." Même dans cette grande agonie, il cherchait une excuse à leur faiblesse. "L'esprit est bien disposé, dit-il, mais la chair est faible." Le Fils de Dieu fut ressaisi par l'agonie et, défaillant, épuisé, il retourna, en chancelant, au point qu'il venait de quitter. Sa souffrance était encore plus intense. Son angoisse était telle que "sa sueur devint comme des grumeaux de sang, qui tombaient à terre". Les cyprès et les palmiers étaient les témoins silencieux de son angoisse. Leur feuillage laissait tomber une épaisse rosée sur son corps exténué comme si la nature pleurait sur son Auteur, se débattant seul contre la puissance des ténèbres.

Peu de temps auparavant, Jésus avait semblé un cèdre puissant, résistant à l'orage de l'opposition déchaînée contre lui. Des volontés opiniâtres, des cœurs pleins d'une malice subtile, avaient cherché en vain à le confondre et à l'accabler. Il s'était tenu debout, revêtu d'une majesté divine, comme Fils de Dieu. Maintenant il était semblable à un roseau battu et ployé par une violente tempête. Il s'était approché de la consommation de son œuvre en conquérant, remportant à chaque pas une nouvelle victoire sur la puissance des ténèbres. Comme s'il eût été déjà glorifié, il avait proclamé son unité avec Dieu. Sa voix, maintenant, dans le silence du soir, n'avait pas des accents de triomphe; elle était pleine d'une angoisse toute humaine. Ces paroles du Sauveur parvenaient aux oreilles des disciples assoupis: "Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe! Toutefois, non pas ma volonté, mais que la tienne soit faite."

Les disciples auraient voulu aller vers lui; mais il leur avait dit de demeurer là, veillant et priant. Quand Jésus revint à eux, il les trouva de nouveau endormis. Il ressentait un même besoin de compagnie; il désirait entendre de la part des disciples quelques paroles qui pussent le soulager et dissiper les ténèbres qui l'accablaient. Mais "leurs yeux étaient appesantis. Ils ne savaient que lui répondre." Réveillés par sa présence, ils virent son visage recouvert d'une sueur sanglante, et ils en furent tout effrayés. Ils ne pouvaient comprendre son angoisse. Il était un "sujet d'étonnement, tant son visage était défait, méconnaissable; tant son aspect différait de celui des autres hommes".

Jésus retourna vers sa retraite, et vaincu par l'horreur de ténèbres profondes, tomba à genoux. A cette heure de l'épreuve, l'humanité du Fils de Dieu était tremblante. En ce moment, il ne priait plus pour que la foi des disciples ne défaillît point, mais pour sa propre âme tentée et agonisante. Le moment redoutable était arrivé où devait se décider la destinée du monde. Le sort de l'humanité oscillait dans la balance. Le Christ pouvait encore refuser de boire la coupe préparée pour l'homme coupable. Il n'était pas trop tard. Jésus pouvait essuyer la sueur sanglante de son visage et laisser périr l'homme dans son iniquité. Il pouvait dire: Que le transgresseur subisse la peine de son péché; moi, je retournerai vers mon Père. Le Fils de Dieu allait-il consentir à boire la coupe amère de l'humiliation et de l'agonie? L'innocent allait-il subir les conséquences de la malédiction du péché pour sauver le coupable? Les lèvres pâles et tremblantes de Jésus murmurèrent ces paroles: "Mon Père, s'il n'est pas possible que cette coupe s'éloigne sans que je la boive, que ta volonté soit faite!"

Trois fois il répéta cette prière. Par trois fois l'humanité de Jésus a hésité devant le dernier sacrifice, le sacrifice suprême. Maintenant l'histoire de la race humaine se présente à l'esprit du Rédempteur du monde. Il voit qu'abandonnés à eux-mêmes les transgresseurs de la loi sont destinés à périr. Il voit l'homme dans un état désespéré. Il aperçoit la puissance du péché. Le malheur et les lamentations d'un monde condamné se dressent devant lui. Sa décision est prise. Il sauvera l'homme à n'importe quel prix. Il accepte le baptême du sang, pourvu que des millions d'êtres humains obtiennent la vie éternelle. Il a quitté les parvis célestes, où tout est pureté, bonheur, gloire, pour sauver l'unique brebis perdue, le seul monde qui soit tombé dans le péché. Il ne renoncera pas à sa mission. Il deviendra une victime de propitiation pour une race vouée au péché. Sa prière ne respire plus que la soumission: "S'il n'est pas possible que cette coupe s'éloigne sans que je la boive, que ta volonté soit faite!"

Ayant pris sa décision, il tomba inanimé sur le sol d'où il avait essayé de se relever. Où étaient maintenant ses disciples, qui eussent dû soutenir de leurs mains le Maître défaillant et baigner son visage à l'aspect si différent de celui des autres hommes? Le Sauveur était seul à fouler au pressoir, et personne parmi les siens n'était avec lui.

Mais Dieu partageait les souffrances de son Fils. Les anges contemplaient l'agonie du Sauveur, entouré de légions diaboliques et en proie à un effroi mystérieux qui le faisait frissonner. Le silence régnait dans le ciel. Aucune harpe ne vibrait. Si les mortels avaient pu voir l'étonnement et la douleur silencieuse de l'armée angélique alors que le Père retirait de son Fils bien-aimé ses rayons de lumière, d'amour et de gloire, ils comprendraient mieux combien le péché lui est odieux.

Les mondes qui n'ont pas connu le péché et les anges du ciel ont assisté avec un intérêt passionné à la fin du conflit. Satan et ses confédérés, les légions de rebelles, ont également assisté avec le plus grand intérêt à cette crise de l'œuvre de la rédemption. Les puissances du bien et du mal attendaient anxieusement la réponse de Dieu à la prière du Christ, trois fois répétée. Des anges avaient désiré apporter un soulagement à cet Etre divin qui souffrait, mais cela ne pouvait se faire. Aucune issue ne s'ouvrait devant le Fils de Dieu. Pourtant au plus fort de cette crise effroyable où tout était en jeu, alors que la coupe mystérieuse tremblait dans la main de l'homme de douleur, les cieux s'ouvrirent enfin, une lumière resplendit à travers les ténèbres de cette heure unique, et l'ange puissant qui occupe, en la présence de Dieu, la position d'où Satan a été exclu, vint se placer à côté du Christ. Cet ange ne venait pas pour enlever la coupe des mains du Christ, mais pour le fortifier, afin qu'il pût la boire, en lui donnant l'assurance de l'amour de son Père. Il venait pour donner des forces à l'Etre divin et humain qui était en prière. Il lui montra le ciel ouvert et lui parla des âmes qui seraient sauvées par ses souffrances. Il lui rappela que son Père est plus puissant que Satan, que sa mort aurait pour effet la défaite totale de celui-ci et que le royaume de ce monde serait donné aux saints du Très-Haut. Il lui dit qu'il pourrait contempler le fruit de ses labeurs et qu'il serait rassasié de joie en voyant des multitudes d'êtres humains sauvés pour l'éternité.

L'agonie du Christ n'avait pas cessé, mais il ne se sentait plus découragé. La tempête n'était pas apaisée, mais il était assez fort pour y résister. Il sortait de l'épreuve, calme et serein. Une paix céleste reposait sur son visage taché de sang. Il avait enduré ce qu'aucun être humain ne pourra jamais endurer; car il avait goûté les souffrances de la mort à la place de tous les hommes.

Les disciples endormis avaient été subitement réveillés par la lumière qui enveloppait le Sauveur. Ils virent l'ange penché sur leur Maître prosterné, appuyer la tête du Sauveur sur sa poitrine et lui montrer le ciel. Ils entendirent sa voix, semblable à la plus douce musique, prononçant des paroles de consolation et d'espérance. Les disciples se rappelèrent ce qui s'était passé sur la montagne de la transfiguration, la gloire qui avait inondé Jésus dans le temple, et la voix de Dieu qui s'était fait entendre, du sein de la nue. Cette même gloire se manifestait à nouveau, dissipant toutes les craintes qu'ils entretenaient au sujet de leur Maître. Il se trouvait sous la protection divine; un ange puissant avait été envoyé pour le garder. Les disciples fatigués retombèrent sous la torpeur qui les accablait. Une fois encore, Jésus les trouva endormis.

Les regardant avec tristesse, il leur dit: "Dormez maintenant, et reposez-vous! Voici, l'heure est proche où le Fils de l'homme va être livré aux mains des pécheurs."

En prononçant ces paroles, il entendit déjà le bruit des pas de la populace qui le cherchait, et il dit: "Levez-vous, allons; celui qui me livre s'approche." Jésus ne montrait plus aucune trace d'agonie lorsqu'il s'avança au-devant du traître. Ayant distancé ses disciples, il demanda: "Qui cherchez-vous? Ils lui répondirent: Jésus de Nazareth. Il leur dit: C'est moi." A cet instant l'ange qui était venu à son secours se plaça entre lui et la foule. Une lumière divine éclairait le visage du Sauveur et une forme de colombe le recouvrait. La foule sanguinaire ne pouvait supporter la présence de cette gloire. Tous reculèrent. Prêtres, anciens, soldats, Judas lui-même, tombèrent à terre, comme morts.

L'ange se retira et la lumière s'évanouit. Jésus avait l'occasion de s'enfuir, mais il resta calme et maître de lui-même. Il se tenait, glorifié, au milieu de cette bande endurcie, étendue sans force à ses pieds. Les disciples regardaient, muets de saisissement et d'épouvante.

Soudain la scène changea d'aspect. La foule se releva. Les soldats romains, les prêtres, avec Judas, se rassemblèrent autour du Christ. Ils paraissaient honteux de leur faiblesse, et craignaient que Jésus ne voulût s'échapper. Le Rédempteur renouvela sa question: "Qui cherchez-vous?" Tout prouvait que celui qui se tenait devant eux était le Fils de Dieu, mais ils ne voulaient pas se laisser convaincre. Ils répondirent encore une fois: "Jésus de Nazareth." Alors Jésus reprit: "Je vous ai dit que c'est moi. Si donc c'est moi que vous cherchez, laissez partir ceux-ci", et ce disant il montrait les disciples. Sachant combien leur foi était faible, il s'efforçait de leur épargner la tentation et l'épreuve. Il était prêt à se sacrifier pour eux.

Judas n'oublia pas son rôle de traître. C'est lui qui, suivi de près par le souverain sacrificateur, avait introduit la foule dans le jardin. Il avait donné ce signe à ceux qui poursuivaient Jésus: "Celui à qui je donnerai un baiser, c'est lui: saisissez-le." Maintenant il feignait de ne rien avoir de commun avec eux. S'approchant de Jésus, il lui prend familièrement la main, comme un ami. Il le baise plusieurs fois en lui disant: "Salut, Rabbi!" et il simule pleurer de sympathie pour lui, dans le danger.

Jésus lui dit: "Ami, ce que tu es venu faire, fais-le." Et sa voix vibrait de douleur, tandis qu'il ajoutait: "Judas, c'est par un baiser que tu livres le Fils de l'homme!" Un tel appel aurait dû réveiller la conscience du traître, toucher son cœur obstiné; mais tout sentiment d'honneur, de loyauté, et de tendresse humaine l'avait abandonné. Il se montrait hardi, avec un air de défi, ne manifestant aucune disposition à revenir en arrière. Il s'était donné à Satan, et n'avait plus de force pour lui résister. Jésus ne refusa pas le baiser du traître.

La foule s'enhardit quand elle vit que Judas osait toucher la personne de celui qui venait de se montrer glorifié à leurs yeux. On se saisit alors de Jésus, et on se mit en devoir de lier ces mains qui avaient été sans cesse occupées à faire du bien.

Les disciples s'étaient imaginé que le Maître ne se laisserait pas prendre. Ils pensaient que la puissance qui avait jeté à terre ces gens pouvait les y maintenir jusqu'à ce que Jésus et ses compagnons se fussent mis en sûreté. Ils éprouvèrent du désappointement et de l'indignation quand on apporta des cordes pour lier les mains de celui qu'ils aimaient. Saisi de colère, Pierre tira brusquement son épée et voulut défendre son Maître, mais il ne réussit qu'à couper une oreille au serviteur du souverain sacrificateur. A cette vue Jésus dégagea ses mains, bien qu'elles fussent fermement tenues par les soldats romains, et il leur dit: "Tenez-vous en là!" Il toucha l'oreille blessée, et la guérit à l'instant même. Ensuite il dit à Pierre: "Remets ton épée à sa place; car tous ceux qui prendront l'épée périront par l'épée. Penses-tu que je ne puisse pas invoquer mon Père, qui me donnerait à l'instant plus de douze légions d'anges?" — une légion pour chacun des disciples. Pourquoi, pensaient les disciples, ne se sauve-t-il pas lui-même et nous avec lui? Pour répondre à cette pensée cachée, Jésus ajouta: "Comment donc s'accompliraient les Ecritures d'après lesquelles il doit en être ainsi?" "La coupe que le Père m'a donnée, ne la boirai-je pas?"

La dignité officielle dont étaient revêtus les conducteurs juifs ne les avait pas empêchés de se joindre à ceux qui poursuivaient Jésus. Son arrestation était une affaire trop importante pour être confiée à des subordonnés; ces prêtres et ces anciens rusés accompagnaient la police du temple et la racaille qui suivait Judas, à Gethsémané. Quelle société pour ces dignitaires: — une tourbe avide de sensations et pourvue de tout l'attirail nécessaire à la capture d'une bête sauvage!

Se tournant vers les prêtres et les anciens, le Christ fixa sur eux son regard pénétrant. Ils ne devaient jamais oublier, aussi longtemps qu'ils vivraient, les paroles qu'il prononça à cette occasion. Ses paroles étaient les flèches acérées du Tout-Puissant. Il leur dit avec dignité: "Vous êtes venus comme après un brigand, avec des épées et des bâtons, pour vous emparer de moi. J'étais tous les jours parmi vous, j'enseignais dans le temple, et vous ne vous êtes pas saisis de moi." La nuit convient mieux à votre œuvre. "Mais c'est ici votre heure et le pouvoir des ténèbres."

La terreur s'empara des disciples quand ils virent que Jésus se laissait prendre et lier. Ils étaient scandalisés de ce qu'il tolérait que cette humiliation fût infligée à lui-même et à eux. Ils ne pouvaient comprendre sa conduite, sa passivité devant la foule qui le maltraitait. Dominés par l'indignation et la peur, ils suivirent le conseil de Pierre, qui leur proposa de songer à leur propre salut. "Alors tous l'abandonnèrent et prirent la fuite." Le Christ avait annoncé cette désertion. "Voici, l'heure vient, avait-il dit, et même elle est venue, où vous serez dispersés chacun de son côté, et où vous me laisserez seul; mais je ne suis pas seul, car le Père est avec moi."

 

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