La Crise de la Galilée


Ce chapitre est basé sur Jean 6:22-71.

Lorsque le Christ empêcha le peuple de le déclarer roi, il savait que sa vie était arrivée à un tournant. Des foules qui désiraient le placer sur un trône ce jour-là se détourneraient de lui le lendemain. Déçues dans leurs ambitions égoïstes, leur amour ferait place à la haine, la louange à la malédiction. Quoiqu'il sût tout ceci, il ne fit rien pour éviter la crise. Même au début il n'avait pas laissé espérer à ses disciples des avantages temporels. A quelqu'un qui avait exprimé le désir de devenir son disciple il avait dit: "Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids; mais le Fils de l'homme n'a pas où reposer sa tête." Si elles avaient pu avoir en même temps le monde et le Christ, des multitudes lui eussent offert leur serment d'allégeance: un tel service était inacceptable. Parmi ceux qui le suivaient alors, plusieurs avaient été attirés par l'espoir d'un royaume terrestre. Il fallait les détromper. L'enseignement spirituel profond que recelait le miracle des pains n'avait pas été compris. Il convenait de l'expliquer. Cette nouvelle révélation allait constituer une nouvelle mise à l'épreuve.

Le miracle des pains fut divulgué auprès et au loin, de sorte que de bon matin, le lendemain, on se rassembla à Bethsaïda pour voir Jésus. On accourait en grand nombre par terre et par mer. Ceux qui l'avaient quitté la veille au soir revenaient dans l'espoir de le retrouver là; car il n'y avait pas eu de barque lui permettant de traverser le lac. Frustrés dans leur attente, plusieurs revinrent à Capernaüm, toujours à sa recherche.

Entre temps il était arrivé à Génézareth, après une absence d'un jour seulement. Dès que l'on apprit qu'il avait abordé, les gens "parcoururent toute la région et se mirent à apporter des malades sur des grabats, partout où l'on apprenait qu'il était."

Après quelque temps il entra dans la synagogue et c'est là que le trouvèrent les gens venus de Bethsaïda. Ils apprirent par les disciples comment il avait traversé le lac. La violence de la tempête, les longues heures où ils avaient ramé vainement contre les vents, l'apparition soudaine du Christ marchant sur les eaux, la peur éprouvée, les paroles rassurantes, l'aventure de Pierre et ce qui s'en était suivi, la tempête apaisée et l'arrivée rapide de la barque à terre: tout ceci fut raconté fidèlement à la foule émerveillée. Ce qui n'empêcha pas quelques-uns de demander: "Rabbi, quand es-tu venu ici?" On espérait entendre de sa propre bouche le récit du miracle.

Jésus ne voulut pas satisfaire leur curiosité. Il leur dit tristement: "Vous me cherchez, non parce que vous avez vu des miracles, mais parce que vous avez mangé des pains et que vous avez été rassasiés." Leur recherche n'était pas désintéressée. Ayant été nourris avec des pains, ils espéraient obtenir des avantages matériels s'ils s'attachaient à lui. Le Sauveur les exhorta: "Travaillez, non en vue de la nourriture qui périt, mais en vue de la nourriture qui subsiste pour la vie éternelle." Ne recherchez pas uniquement des avantages matériels. Ne vous préoccupez pas avant tout de pourvoir aux nécessités de la vie présente; recherchez plutôt la nourriture spirituelle, cette sagesse qui a une durée éternelle. Le Fils de Dieu seul peut vous la donner; "car c'est lui que le Père — Dieu — a marqué de son sceau".

L'intérêt des auditeurs se trouva momentanément éveillé. Ils demandèrent: "Que ferons-nous pour travailler aux œuvres de Dieu?" Ils s'étaient soumis à des efforts variés et harassants pour se rendre recommandables à Dieu; ils étaient prêts à se voir recommander de nouvelles observances leur assurant de plus grands mérites. Leur question revenait à ceci: Que faire pour mériter le ciel? A quel prix pouvons-nous obtenir la vie future?

"Jésus leur répondit: Ce qui est l'œuvre de Dieu: c'est que vous croyiez en celui qu'il a envoyé." Jésus est le prix du ciel. Le chemin du ciel passe à travers "l'Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde".

Ces gens préférèrent ne pas accepter l'énoncé de cette vérité divine. Jésus avait accompli exactement l'œuvre que la prophétie avait attribuée d'avance au Messie; mais ils n'avaient pas vu ce que leurs espoirs égoïstes attendaient du Messie. Il est vrai que le Christ avait nourri la foule pour une fois avec des pains d'orge; mais aux jours de Moïse Israël avait été nourri de manne quarante années durant, et l'on attendait du Messie de plus grands bienfaits. Ces mécontents se demandaient: Si Jésus était capable d'accomplir des œuvres aussi étonnantes que celles dont ils avaient été les témoins, pourquoi ne procurait-il pas santé, force, richesse au peuple tout entier, et en plus la liberté politique, la puissance et les honneurs? Ils n'arrivaient pas à comprendre pourquoi, tout en se disant l'Envoyé de Dieu, il refusait d'être le roi d'Israël. Pour eux, il s'agissait d'un mystère impénétrable. Son refus était mal interprété. Certains en conclurent qu'il n'osait pas revendiquer ses titres parce qu'il avait des doutes sur le caractère divin de sa mission. Leurs cœurs s'étant ouverts à l'incrédulité, la semence jetée par Satan portait son fruit de malentendus et de défection.

Non sans quelque ironie un rabbin demanda: "Quel miracle fais-tu donc, afin que nous le voyions et que nous te croyions? Quelle est ton œuvre? Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon ce qui est écrit: Il leur donna à manger le pain venu du ciel."

Oubliant que Moïse n'avait été qu'un simple instrument, et méconnaissant le véritable Auteur du miracle, les Juifs attribuaient à Moïse l'honneur d'avoir donné la manne. Leurs pères avaient murmuré contre Moïse et mis en question ou même nié sa mission divine. Animés du même esprit, les enfants rejetaient maintenant le Messager que Dieu leur envoyait. "Jésus leur dit: En vérité, en vérité, je vous le dis, ce n'est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel." Il se tenait au milieu d'eux, celui qui avait donné la manne. Le Christ lui-même avait marché devant les Hébreux au désert et les avait nourris du pain venu du ciel. Cet aliment symbolisait le vrai pain céleste. L'Esprit vivifiant, épanché de la plénitude infinie de Dieu: voilà la vraie manne. Jésus déclare: "Le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde."

Comme s'il s'était encore agi de nourriture temporelle, quelques-uns des auditeurs s'écrièrent: "Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là." Alors Jésus leur dit carrément: "Moi, je suis le pain de vie."

L'image dont Jésus s'est servi était bien connue des Juifs. Sous l'inspiration du Saint-Esprit Moïse avait dit: "L'homme ne vit pas de pain seulement, mais de tout ce qui sort de la bouche de l'Eternel." Et Jérémie avait écrit: "Dès que j'ai entendu tes paroles, je les ai dévorées; tes paroles font la joie et les délices de mon cœur." Les rabbins eux-mêmes avaient coutume de dire que l'étude de la loi et la pratique des bonnes œuvres étaient signifiées, au sens spirituel, par la manducation du pain. La leçon spirituelle profonde qui se dégageait du miracle des pains devenait claire à la lumière de l'enseignement des prophètes. C'est cette leçon-là que le Christ s'efforçait d'enseigner à ses auditeurs dans la synagogue. S'ils avaient eu l'intelligence des Ecritures ils eussent compris sa déclaration: "Je suis le pain de vie." Le jour précédent, une grande foule épuisée de fatigue avait été nourrie par le pain qu'il avait distribué. De même qu'ils avaient été fortifiés et restaurés physiquement par ce pain, ils pouvaient recevoir du Christ la puissance spirituelle qui assure la vie éternelle. "Celui qui vient à moi, dit-il, n'aura jamais faim, et celui qui croit en moi n'aura jamais soif." Il ajouta cependant: "Vous m'avez vu, et vous ne croyez pas."

Ils avaient vu le Christ grâce au témoignage du Saint-Esprit, par la révélation divine communiquée à leurs âmes. Les preuves vivantes de sa puissance s'étaient présentées à eux jour après jour, et voilà qu'ils réclamaient un nouveau signe. S'il leur avait été accordé, ils seraient restés aussi incrédules qu'auparavant. Si ce qu'ils avaient vu et entendu n'avait pas le pouvoir de les convaincre, toute autre démonstration d'actes miraculeux fût restée sans effet. L'incrédulité arrivera toujours à excuser ses doutes et à éliminer les preuves les plus positives.

Le Christ adressa un appel suprême à ces cœurs obstinés. "Je ne jetterai point dehors celui qui vient à moi." Tous ceux qui le recevraient, dit-il, auraient la vie éternelle. Aucun ne serait perdu. Plus besoin de disputes entre pharisiens et sadducéens au sujet de la vie future. Les hommes ne doivent plus désespérer au sujet de leurs morts. "Voici, en effet, la volonté de mon Père: que quiconque contemple le Fils et croit en lui, ait la vie éternelle; et je le ressusciterai au dernier jour."

Scandalisés, les chefs disaient: "Celui-ci n'est-il pas Jésus, le fils de Joseph, lui dont nous connaissons le père et la mère? Comment donc dit-il: Je suis descendu du ciel?" Ils s'efforçaient d'éveiller des préjugés en rappelant dédaigneusement les humbles origines de Jésus. Ils mentionnaient avec mépris sa vie d'ouvrier galiléen, ainsi que la pauvreté et l'humble condition de sa famille. Les prétentions d'un charpentier privé d'instruction, disaient-ils, ne méritaient pas l'attention. En raison de sa naissance mystérieuse on insinuait qu'il était de parenté douteuse et l'on jetait le discrédit sur sa légitimité.

Jésus ne voulut pas expliquer le mystère de sa naissance. Il ne fit aucune réponse aux questions concernant sa descente du ciel, pas plus qu'il n'avait répondu aux questions posées touchant sa traversée du lac. Il n'attira pas l'attention sur les miracles qui avaient marqué sa vie. C'est volontairement qu'il avait consenti à se dépouiller et à prendre la forme de serviteur. Cependant ses paroles et ses œuvres manifestaient son caractère. Tout cœur accessible à la lumière divine n'hésiterait pas à reconnaître en lui "le Fils unique venu du Père", plein "de grâce et de vérité".

Les questions posées par les pharisiens ne mettaient pas complètement à nu leur préjugé, qui avait sa racine dans la perversité de leurs cœurs. Chaque parole et chaque acte de Jésus n'avait pour effet que de les dresser contre lui: il n'y avait rien de commun entre lui et l'esprit cultivé par eux.

"Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m'a envoyé ne l'attire; et je le ressusciterai au dernier jour. Il est écrit dans les prophètes: Ils seront tous instruits par Dieu. Quiconque a entendu le Père et reçu son enseignement vient à moi." Personne ne pourra jamais venir au Christ s'il ne se laisse attirer par l'amour du Père. Dieu cherche à attirer tous les cœurs; seuls ceux qui résistent à cet attrait refusent de venir au Christ.

En disant: "Ils seront tous instruits par Dieu", Jésus faisait une allusion à la prophétie d'Esaïe: "Tous tes enfants seront instruits par l'Eternel et le bonheur de tes fils sera parfait." Les Juifs se faisaient à eux-mêmes l'application de ce passage. Ils affirmaient que Dieu était leur Maître. Jésus montra l'inanité de ces prétentions; en effet, dit-il, "quiconque a entendu le Père et reçu son enseignement vient à moi". Ce n'est que par le Christ qu'ils pouvaient arriver à connaître le Père. L'humanité ne pouvait supporter la vision de sa gloire. Ceux qui avaient été instruits par Dieu avaient écouté la voix de son Fils et ils ne pouvaient faire autrement que de reconnaître en Jésus de Nazareth celui qui a fait connaître le Père par le moyen de la nature et de la révélation.

"En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi a la vie éternelle." Par l'intermédiaire de Jean, le bien-aimé, qui entendit prononcer ces paroles, le Saint-Esprit a déclaré aux églises: "Voici ce témoignage: Dieu nous a donné la vie éternelle, et cette vie est en son Fils. Celui qui a le Fils a la vie." Et Jésus dit: "Je le ressusciterai au dernier jour." Le Christ est devenu une même chair avec nous pour que nous devenions un même esprit avec lui. C'est en vertu de cette union que nous sortirons du sépulcre, — non seulement pour attester la puissance du Christ, mais parce que, par la foi, sa vie sera devenue notre vie. Ceux qui reconnaissent le Christ pour ce qu'il est en réalité, et qui le reçoivent dans leur cœur, ont la vie éternelle. Le Christ habite en nous par l'Esprit. L'Esprit de Dieu, reçu dans le cœur par la foi, est le commencement de la vie éternelle.

On avait rappelé au Christ la manne que les pères avaient mangée au désert, comme pour lui dire que la dispensation de cet aliment était un miracle supérieur à ceux que le Christ avait accomplis; mais il montre combien ce don est mesquin comparé aux bénédictions qu'il est venu nous communiquer. La manne ne pouvait entretenir que l'existence terrestre; elle ne pouvait ni prévenir la mort ni assurer l'immortalité; tandis que le pain du ciel peut nourrir l'âme en vue de la vie éternelle. Le Sauveur dit: "Je suis le pain de vie. Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts. C'est ici le pain qui descend du ciel, afin que celui qui en mange ne meure pas. Moi, je suis le pain vivant descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement." A cette image le Christ va en ajouter une autre. Sa mort était indispensable pour qu'il pût communiquer la vie aux hommes; dans les paroles qui suivent il désigne sa mort comme le moyen du salut. "Le pain que je donnerai, c'est ma chair pour la vie du monde."

Les Juifs étaient sur le point de célébrer la Pâque à Jérusalem, pour commémorer la nuit où Israël avait été délivré, alors que l'ange exterminateur avait frappé les foyers égyptiens. Dieu voulait que par l'agneau pascal les Juifs contemplassent l'Agneau de Dieu et reçussent celui qui s'est donné pour la vie du monde. Mais les Juifs en étaient venus à considérer le symbole comme ayant son but en soi-même et ils avaient perdu de vue sa signification. Ils ne discernaient pas le corps du Seigneur. Les paroles du Christ avaient pour objet la même vérité que le service pascal annonçait. Mais cela ne servit à rien.

Irrités, les rabbins demandèrent: "Comment celui-ci peut-il nous donner sa chair à manger?" Ils faisaient semblant d'attacher à ses paroles le même sens littéral que Nicodème quand il demandait: "Comment un homme peut-il naître quand il est vieux?" Ils avaient bien deviné l'intention de Jésus, mais ils n'étaient pas disposés à l'avouer. En détournant le sens de ses paroles ils espéraient créer un préjugé défavorable chez les auditeurs.

Le Christ ne consentit pas à adoucir ses déclarations. Au contraire, il réaffirma la même vérité dans un langage encore plus fort: "En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme et si vous ne buvez son sang, vous n'avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour. Car ma chair est vraiment une nourriture et mon sang est vraiment un breuvage. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi en lui."

Manger la chair et boire le sang du Christ, c'est le recevoir en qualité de Sauveur personnel, croire qu'il pardonne nos péchés et qu'en lui nous sommes consommés. En contemplant son amour, en méditant constamment sur ce sujet, en nous désaltérant à cette source, nous devenons participants de sa nature. Ce que la nourriture est au corps, le Christ doit l'être à l'âme. La nourriture n'est utile qu'à celui qui la reçoit et l'assimile. Nous devons nous rassasier de lui, le recevoir dans notre cœur, pour que sa vie devienne notre vie. Il nous faut nous assimiler son amour, sa grâce.

Toutefois, ces images si frappantes sont inadéquates pour exprimer la valeur du rapport existant entre le croyant et le Christ. Jésus a dit: "Comme le Père qui est vivant m'a envoyé, et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mange vivra par moi." Tout comme le Fils de Dieu vivait par sa foi dans le Père, nous devons à notre tour vivre par la foi en Christ. Jésus était si complètement soumis à la volonté de Dieu que le Père seul apparaissait dans sa vie. Quoique tenté en toutes choses comme nous le sommes, il s'est maintenu sans tache en face du monde, sans se laisser contaminer par le mal qui l'environnait. Or nous devons vaincre comme le Christ a vaincu.

Voulez-vous suivre le Christ? Alors tout ce qui est écrit touchant la vie spirituelle vous concerne et peut être réalisé par votre union avec Jésus. Votre zèle est-il languissant? Votre premier amour s'est-il refroidi? Acceptez à nouveau l'amour du Christ qui vous est offert. Mangez sa chair, buvez son sang: vous deviendrez un avec le Père et avec le Fils.

Les Juifs incrédules né voulurent voir que le sens le plus matériel des paroles du Sauveur. Boire du sang était une chose prohibée par la loi rituelle; on voulut donc voir un sacrilège dans le discours du Christ et on en fit un sujet de discussion. Il y en eut beaucoup, même parmi les disciples, pour dire: "Cette parole est dure, qui peut l'écouter?"

Le Sauveur répondit: "Cela vous scandalise? Et s'il vous arrivait de voir le Fils de l'homme monter où il était auparavant? C'est l'Esprit qui vivifie. La chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont Esprit et elles sont vie."

La vie du Christ, qui donne la vie au monde, se trouve dans sa parole. C'est par sa parole que Jésus guérissait les malades et chassait les démons; par elle il calmait les flots et ramenait les morts à la vie; le peuple attestait que sa parole était accompagnée de puissance. Il faisait entendre la parole de Dieu, la même qui s'était trouvée dans la bouche de tous les prophètes et des instructeurs de l'Ancien Testament. La Bible entière est une manifestation du Christ, et le Sauveur désirait asseoir sur la parole la foi de ses disciples. Après qu'ils seraient privés de sa présence visible, la parole devait rester leur source de force. Comme leur Maître, il leur faudrait vivre "de toute parole qui sort de la bouche de Dieu".

Tout comme notre vie physique est entretenue par les aliments, notre vie spirituelle dépend de la Parole de Dieu. Chaque âme doit recevoir pour son propre compte la vie qui réside dans la Parole de Dieu. De même que pour être nourri chacun doit manger pour son propre compte, de même aussi nous devons recevoir personnellement la parole. Il ne faut pas se contenter de la recevoir par l'intermédiaire d'une autre personne. Il nous faut étudier la Bible avec soin, en demandant à Dieu l'aide du Saint-Esprit, pour que nous puissions comprendre sa parole. Nous devrions choisir un verset et concentrer notre attention sur son contenu afin de découvrir la pensée que Dieu y a cachée à notre intention. Nous devrions réfléchir là-dessus jusqu'à ce que la pensée soit assimilée et que nous sachions "ce que dit le Seigneur".

C'est à moi personnellement que Jésus adresse ses promesses et ses avertissements. Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique afin que, croyant en lui, je ne périsse pas mais que j'obtienne la vie éternelle. Les expériences décrites dans la Parole de Dieu doivent devenir mes expériences à moi. Prières et promesses, préceptes et avertissements: tout est pour moi. "Je suis crucifié avec Christ, et ce n'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit en moi; ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m'a aimé et qui s'est livré lui-même pour moi." Quand la foi reçoit ainsi et s'approprie les principes de la vérité, ils deviennent partie intégrante de notre être et le mobile déterminant de la vie. La Parole de Dieu, reçue par une âme, façonne les pensées et concourt à la formation du caractère.

Nous serons affermis en regardant constamment à Jésus avec les yeux de la foi. Dieu veut accorder ses révélations les plus précieuses à son peuple affamé et assoiffé de vérité. Le Christ sera reconnu comme un Sauveur personnel. Celui qui se nourrira de sa parole verra qu'elle est esprit et vie. La parole fait disparaître la nature charnelle et communique une vie nouvelle en Christ-Jésus. Le Saint-Esprit vient réconforter notre âme. Par l'action transformatrice de sa grâce, l'image de Dieu est reproduite chez le disciple, qui devient une nouvelle créature. L'amour succède à la haine, le cœur est formé à la ressemblance divine. C'est là vraiment vivre "de toute parole qui sort de la bouche de Dieu". C'est manger le Pain descendu du ciel.

Le Christ a proclamé une vérité sacrée, éternelle, concernant ses relations avec ses disciples. Il connaissait le caractère de ceux qui se donnaient comme ses disciples, et il mettait leur foi à l'épreuve. Il déclara qu'ils devaient croire et agir en accord avec son enseignement. Tous ceux qui le reçoivent deviennent participants de sa nature et sont rendus conformes à son caractère. Ceci entraîne l'abandon des plus chères ambitions. Ceci suppose un abandon total à Jésus. Nous sommes appelés à devenir pleins d'abnégation, doux et humbles de cœur. Il faut marcher dans l'étroit sentier foulé par l'Homme du Calvaire, si l'on veut partager le don de la vie et la gloire céleste.

L'épreuve était trop grande. On vit se refroidir l'enthousiasme de ceux qui avaient voulu s'emparer de sa personne par la force et le couronner roi. Ils déclarèrent que le discours de la synagogue leur avait ouvert les yeux. Ils étaient enfin détrompés. Ses paroles leur donnaient l'impression qu'il avait avoué n'être pas le Messie; ils comprenaient qu'il n'y avait aucune récompense terrestre à attendre pour ceux qui s'attachaient à lui. Ils avaient admiré la puissance qui éclatait dans ses miracles; ils désiraient être délivrés de la maladie et de la souffrance, mais refusaient de partager sa vie de sacrifice. Le mystérieux royaume spirituel dont il avait parlé les laissait indifférents. Les personnes égoïstes et peu sincères qui l'avaient suivi jusque là ne le désiraient plus. Puisqu'il ne voulait pas déployer sa puissance et son influence pour les délivrer du joug romain, ils n'avaient plus rien à voir avec lui.

Jésus leur dit sans ambages: "Il en est parmi vous quelques-uns qui ne croient pas." Et il ajouta: "C'est pourquoi je vous ai dit que nul ne peut venir à moi, si cela ne lui est donné par le Père." Il voulait leur faire comprendre que s'ils ne se sentaient pas attirés vers lui c'est que leurs cœurs n'étaient pas ouverts à l'action du Saint-Esprit. "L'homme naturel ne reçoit pas les choses de l'Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c'est spirituellement qu'on en juge." Seule la foi permet de contempler la gloire de Jésus. Cette gloire demeure cachée jusqu'au moment où le Saint-Esprit vient allumer la foi dans une âme.

En reprochant publiquement leur incrédulité à ces disciples, Jésus les éloigna encore davantage. Très mécontents, voulant à la fois blesser le Sauveur et faire plaisir aux pharisiens pleins de malice, ils lui tournèrent le dos et le quittèrent avec dédain. Ils venaient de faire leur choix: la forme sans l'esprit, la coquille sans l'amande. Ayant cessé d'accompagner Jésus, ils ne revinrent jamais sur leur décision.

"Il a son van à la main, il nettoiera son aire, il amassera son blé dans le grenier." On était arrivé à l'un de ces moments. La parole de vérité était en train de séparer la paille du bon grain. Plusieurs s'éloignèrent de Jésus, trop vaniteux et propre-justes pour accepter un reproche, trop mondains pour consentir à une vie de sacrifice. Ils sont nombreux ceux qui agissent de même aujourd'hui. Des âmes sont mises à l'épreuve maintenant comme l'ont été ces disciples dans la synagogue de Capernaüm. Quand ils sont mis en contact avec la vérité, ils s'aperçoivent que leurs vies ne s'accordent pas avec la volonté divine. Ils voient bien qu'il leur faudrait subir un changement complet; ils reculent devant l'effort demandé, qui suppose l'esprit de sacrifice. Ils s'irritent quand leurs péchés sont dévoilés. Ils s'en vont offensés, à l'instar des disciples qui quittèrent Jésus en murmurant: "Cette parole est dure, qui peut l'écouter?"

Les louanges et les flatteries sont agréables à entendre; la vérité est déplaisante; on ne veut pas lui prêter l'oreille. Quand les foules accourent et sont nourries, quand des cris de triomphe se font entendre, on crie son admiration; dès que l'Esprit de Dieu fouille les cœurs et met à nu le péché, exigeant qu'on y renonce, on tourne le dos à la vérité et l'on cesse d'accompagner Jésus.

Quand ces disciples mécontents eurent quitté le Christ, un esprit différent s'empara d'eux. Ils ne voyaient plus rien d'attrayant chez celui qui avait provoqué leur intérêt. Ils se rapprochèrent de ses ennemis, dont ils partageaient l'esprit. Ils donnèrent une fausse interprétation à ses paroles, travestirent ses déclarations et calomnièrent ses motifs. Pour se justifier ils ramassèrent avec soin tout ce qui était susceptible de leur fournir un argument contre lui; ces rapports mensongers faillirent lui coûter la vie, si grande fut l'indignation du public.

On fit courir le bruit que Jésus de Nazareth avait avoué n'être pas le Messie. Il arriva ainsi que le courant du sentiment populaire se tourna contre lui en Galilée, comme cela avait eu lieu en Judée une année auparavant. Ce fut un malheur pour Israël. Il rejeta son Sauveur parce qu'il voulait un conquérant qui lui assurerait un pouvoir temporel. A la nourriture qui donne la vie éternelle on préféra celle qui périt.

C'est avec peine que Jésus vit s'éloigner de lui, qui est la Vie et la Lumière des hommes, les disciples dont il a été question. Le fait que ses compassions n'étaient pas appréciées, que son amour restait sans réponse, que sa miséricorde était dédaignée, son salut rejeté, tout cela remplissait son âme d'une douleur inexprimable. Ces choses contribuaient à faire de lui l'homme de douleur, connaissant la souffrance.

Sans chercher à retenir ceux qui l'abandonnaient, Jésus dit aux douze: "Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller?"

"Simon Pierre lui répondit: Seigneur, à qui irions-nous? Tu as les paroles de la vie éternelle. Et nous avons cru, et nous avons connu que c'est toi le Saint de Dieu."

"A qui irions-nous?" Les maîtres d'Israël étaient esclaves du formalisme. Les pharisiens et les sadducéens se disputaient sans cesse. Abandonner Jésus signifiait tomber parmi ces gens férus de rites et de cérémonies, gens ambitieux ne cherchant que leur propre gloire. Les disciples avaient trouvé plus de paix et de joie depuis qu'ils avaient accepté le Christ que pendant tout le temps qu'ils avaient vécu sans lui. Comment rejoindre ceux qui avaient méprisé et persécuté l'Ami des pécheurs? On attendait depuis longtemps le Messie; impossible, maintenant qu'il était venu, de l'abandonner en faveur de ceux qui en voulaient à sa vie et qui les avaient persécutés parce qu'ils l'avaient suivi.

"A qui irions-nous?" Il n'est pas question de renoncer aux enseignements du Christ, à ses leçons d'amour et de miséricorde, pour se plonger dans les ténèbres de l'incrédulité et de la méchanceté mondaine. Alors que le Sauveur se voyait abandonné de beaucoup de ceux qui avaient été témoins de ses œuvres merveilleuses, Pierre exprima la foi des disciples: "Tu es le Christ." Ils ne pouvaient songer sans déchirement à se séparer de cette ancre de l'âme. Se priver du Sauveur c'était aller à la dérive sur une mer sombre et agitée.

Bien des paroles et des actes de Jésus semblent mystérieux à des esprits finis, mais chacune de ces paroles, chacun de ces actes poursuit un but bien défini dans l'œuvre de la rédemption; tout est calculé en vue du résultat escompté. Si nous étions capables de comprendre ses desseins, tout nous paraîtrait logique, parfait et en accord avec sa mission.

Bien que nous ne puissions pas encore comprendre les œuvres et les voies de Dieu, nous pouvons déjà apercevoir son grand amour qui inspire sa conduite à l'égard des hommes. Celui qui vit dans l'intimité de Jésus arrive à comprendre dans une grande mesure le mystère de la piété. Il reconnaît la grâce qui distribue des réprimandes, qui éprouve le caractère, qui dévoile les secrets des cœurs.

En présentant la vérité qui allait mettre à l'épreuve ses disciples et en éloigner un grand nombre, Jésus n'ignorait pas le résultat; mais il poursuivait un dessein miséricordieux. Il prévoyait les terribles épreuves auxquelles seraient soumis ses disciples bien-aimés à l'heure de la tentation. Son agonie en Gethsémané, la trahison et le crucifiement constitueraient pour eux un véritable tourment. Sans cette mise à l'épreuve, beaucoup l'auraient suivi pour des motifs égoïstes. Quand leur Seigneur fut condamné par le tribunal, quand les foules qui avaient voulu le proclamer roi l'accablèrent de mépris, quand une tourbe ivre de fureur criait: "Crucifie-le!" — quand leurs ambitions mondaines furent frustrées, ces êtres épris d'eux-mêmes l'eussent renié, ajoutant à l'amertume des vrais disciples déjà déçus dans leurs espoirs les plus chers. A cette heure sombre l'exemple de ceux qui l'eussent abandonné aurait pu en entraîner d'autres. Mais Jésus provoqua la crise à un moment où sa présence personnelle pouvait encore affermir la foi de ses vrais disciples.

Débordant de compassion, en pleine connaissance du sort qui lui était réservé, le Rédempteur s'efforça avec bonté d'aplanir la voie des disciples, de les préparer en vue de la cruelle épreuve qui les attendait.

 

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Il n'est guère possible de capturer toute la méchanceté et
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Le jour de fin du monde est imprévisible, mais quand
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anges dans le ciel ni le Fils, le Père seul les connaît.
Marc 13:32

 

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