Lazare, sors!


Ce chapitre est basé sur Luc 10:38-42; Jean 11:1-44.

Lazare, de Béthanie, était parmi les plus fermes disciples du Christ. Sa foi en Christ avait été forte dès sa première rencontre avec lui; il l'aimait profondément, et il en était beaucoup aimé en retour. C'est en faveur de Lazare que le Christ accomplit le plus grand de ses miracles. Le Sauveur faisait du bien à tous ceux qui cherchaient du secours auprès de lui; il aime la famille humaine tout entière; néanmoins il est attaché à quelques-uns par des liens plus particulièrement tendres. Un puissant lien d'affection l'unissait à la famille de Béthanie, et c'est pour l'un des membres de cette famille que fut accomplie son œuvre la plus admirable.

Le Sauveur ne possédait pas de demeure; il recevait l'hospitalité de ses amis et de ses disciples; souvent, se sentant fatigué, éprouvant le besoin d'une compagnie humaine, il avait été heureux de se réfugier dans la maison paisible de Lazare, loin des soupçons et de l'envie des pharisiens irrités. Il y trouvait un accueil cordial, une amitié pure et simple; il pouvait y parler en toute simplicité, avec une liberté parfaite, sachant que ses paroles seraient comprises et gardées comme un trésor.

Notre Sauveur appréciait un foyer paisible et des auditeurs attentifs. Il avait besoin de tendresse, de courtoisie, d'affection. Ceux qui recevaient les instructions célestes qu'il était toujours prêt à donner étaient richement bénis. Les foules suivaient le Christ à travers champs pendant qu'il leur dévoilait les beautés du monde naturel. Il s'efforçait d'ouvrir les yeux de leur entendement et de leur faire voir la main de Dieu soutenant le monde. Pour leur faire apprécier la bonté et la sollicitude de Dieu, il attirait l'attention de ses auditeurs sur la rosée qui descend doucement sur le sol, sur les ondées de pluie et sur la clarté du soleil, dont profitent également les bons et les mauvais. Il désirait montrer aux hommes les égards que Dieu a pour les instruments humains qu'il a créés. Mais les foules étaient lentes à comprendre et la maison de Béthanie offrait au Christ un lieu où se reposer des conflits harassants de la vie publique. Là il pouvait ouvrir le volume de la Providence devant un auditoire sympathique. Dans ses conversations privées il pouvait dévoiler à ses auditeurs ce qu'il ne pouvait dire en présence de foules mixtes. A ses amis il n'avait pas besoin de parler en paraboles.

Pendant que le Christ donnait ses admirables enseignements, Marie, respectueuse et attentive, restait assise à ses pieds. Un jour Marthe, occupée à préparer le repas, s'approcha toute soucieuse du Christ et se plaignit: "Seigneur, tu ne te mets pas en peine de ce que ma sœur me laisse seule pour servir? Dis-lui donc de m'aider." C'était la première fois que le Christ se trouvait à Béthanie. Lui et ses disciples venaient d'effectuer à pied un voyage pénible depuis Jéricho. Anxieuse d'assurer leur confort, Marthe oublia la politesse due à son hôte. Jésus lui répondit avec patience et douceur: "Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et tu t'agites pour beaucoup de choses. Or une seule chose est nécessaire. Marie a choisi la bonne part, qui ne lui sera pas ôtée." Marie enrichissait son esprit des précieuses paroles qui tombaient des lèvres du Sauveur, paroles qui pour elle avaient plus de valeur que les joyaux les plus précieux.

La "seule chose" dont Marthe avait besoin, c'était un esprit calme, recueilli, un plus vif désir de connaître la vie future, éternelle, et les grâces nécessaires au progrès spirituel. Elle avait besoin de se préoccuper moins des choses qui passent que de celles qui durent. Jésus voudrait apprendre à ses enfants à saisir chaque occasion d'obtenir la connaissance qui les rendra sages à salut. La cause du Christ demande des ouvriers diligents et énergiques. Un vaste champ d'activité s'ouvre devant les Marthe zélées pour l'œuvre religieuse. Mais il faut d'abord qu'elles s'asseyent, avec Marie, aux pieds de Jésus. Il faut que la diligence, la promptitude et l'énergie soient sanctifiées par la grâce du Christ, pour que la vie devienne une puissance invincible au service du bien.

La douleur entra dans cette maison paisible où Jésus s'était reposé. Lazare se trouva subitement malade, et ses sœurs firent dire au Sauveur: "Seigneur, voici, celui que tu aimes est malade." Elles comprenaient la gravité de la maladie dont leur frère était atteint, mais elles savaient que le Christ guérissait toutes les maladies. Certaines qu'il aurait pitié de leur détresse, elles n'insistèrent pas pour qu'il vînt immédiatement et se bornèrent à lui adresser ce message confiant: "Celui que tu aimes est malade." Elles pensaient qu'il répondrait aussitôt à leur appel et serait auprès d'elles dès qu'il pourrait atteindre Béthanie.

Elles attendirent avec angoisse un mot de Jésus. Aussi longtemps qu'une étincelle de vie subsista chez leur frère, elles prièrent et espérèrent l'arrivée de Jésus. Le messager revint sans lui, mais porteur de ce message: "Cette maladie n'a pas pour fin la mort", et elles se cramponnèrent à l'espoir que Lazare vivrait. Elles s'efforcèrent, avec tendresse, d'adresser des paroles d'espérance et d'encouragement au malade presque inconscient. Cependant Lazare mourut, et Marthe et Marie éprouvèrent une douloureuse amertume; elles sentirent l'effet de la grâce consolante du Christ, et ne prononcèrent aucun blâme à l'adresse du Sauveur.

Il avait semblé aux disciples que le Christ recevait froidement le message qui lui était adressé. Il ne manifesta pas la douleur qu'on aurait pu attendre de lui. Dirigeant ses regards vers eux, il leur dit: "Cette maladie n'a pas pour fin la mort, mais la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle." Il resta encore deux jours à l'endroit où il était. Ce délai paraissait inexplicable aux disciples, car ils pensaient au réconfort que sa présence aurait apporté à la famille affligée. Sachant combien il aimait la famille de Béthanie, ils étaient surpris qu'il ne répondît pas au triste message: "Celui que tu aimes est malade."

Pendant ces deux jours le Christ ne parut pas penser à la triste nouvelle qu'il avait reçue; car il ne fit aucune allusion à Lazare. Les disciples songeaient à Jean-Baptiste, le précurseur de Jésus. Ils s'étaient demandé pourquoi Jésus, qui accomplissait des miracles extraordinaires, avait laissé Jean languir en prison et subir une mort violente. Pourquoi n'avait-il pas fait alors usage de sa grande puissance pour sauver la vie de Jean? Les pharisiens discutaient sur cette question, s'en faisant un argument irrésistible contre les prétentions du Christ à la filiation divine. Le Sauveur avait annoncé à ses disciples des épreuves, des privations et des persécutions. Allait-il les abandonner dans l'épreuve? Quelques-uns se demandaient s'ils ne s'étaient pas trompés au sujet de sa mission. Tous étaient profondément troublés.

Après deux jours d'attente, Jésus dit aux disciples: "Retournons en Judée." Les disciples ne comprenaient pas pourquoi Jésus voulait retourner en Judée, après avoir attendu deux jours. Ils étaient en grand souci pour le Christ et pour eux-mêmes et ne voyaient que dangers dans la ligne de conduite que Jésus allait suivre. "Rabbi, dirent-ils, les Juifs tout récemment cherchaient à te lapider, et tu retournes là-bas! Jésus répondit: N'y a-t-il pas douze heures dans le jour?" Je suis les directions de mon Père; ma vie est en sécurité aussi longtemps que je fais sa volonté. Les douze heures de mon jour ne sont pas encore écoulées. J'approche de la fin de ma journée, mais je n'ai rien à craindre aussi longtemps que le jour dure.

"Si quelqu'un marche pendant le jour, il ne trébuche pas, ajouta-t-il, parce qu'il voit la lumière de ce monde." Il ne peut ni trébucher ni tomber, celui qui accomplit la volonté de Dieu et qui marche dans le sentier que Dieu lui a tracé. Il est guidé par la lumière de l'Esprit de Dieu qui lui donne une claire perception de son devoir et le maintient dans le droit chemin jusqu'à l'achèvement de sa tâche. "Mais si quelqu'un marche pendant la nuit, il trébuche, parce que la lumière n'est pas en lui." Il trébuchera, celui qui marche dans le sentier choisi par lui-même, sans y être appelé par Dieu. Pour lui, le jour se change en nuit et il n'est en sûreté nulle part.

"Après ces paroles, il leur dit: Lazare, notre ami, s'est endormi, mais je pars pour le réveiller." Comme elles sont touchantes ces paroles si pleines de sympathie: "Lazare, notre ami, s'est endormi." Absorbés par la pensée du péril que leur Maître allait affronter en se rendant à Jérusalem, les disciples avaient presque oublié la famille de Béthanie plongée dans le deuil. Mais il n'en était pas de même du Christ. Les disciples se sentirent repris. Déçus en voyant que le Christ ne répondait pas avec plus d'empressement au message de ses amis, ils s'étaient laissés aller à penser qu'il n'avait pas pour Lazare et ses sœurs le tendre amour qu'on lui avait supposé. Mais ces mots: "Lazare, notre ami, s'est endormi", firent naître en eux de meilleurs sentiments. Ils furent convaincus que le Christ n'avait pas oublié ses amis affligés.

"Les disciples lui dirent: Seigneur, s'il s'est endormi, il sera sauvé. Jésus avait parlé de sa mort, mais eux pensèrent qu'il parlait de l'assoupissement du sommeil." Le Christ présente la mort de ses bien-aimés sous l'image d'un sommeil. Leur vie est cachée avec le Christ en Dieu, et ceux d'entre eux qui meurent dormiront en lui jusqu'au son de la dernière trompette.

"Alors, Jésus leur dit ouvertement: Lazare est mort. Et, pour vous, je me réjouis de n'avoir pas été là, afin que vous croyiez. Mais allons vers lui." Thomas prévoyait qu'une mort certaine attendait son Maître s'il allait en Judée; mais il s'arma de courage et dit aux autres disciples: "Allons, nous aussi, afin de mourir avec lui." Il savait combien les Juifs haïssaient le Christ; leur dessein de le mettre à mort n'avait pas réussi parce que le temps qui lui était assigné n'était pas entièrement écoulé. Pendant ce temps Jésus pouvait compter sur la protection d'anges célestes; aucun mal ne lui serait fait, même en Judée, où les rabbins cherchaient à s'emparer de lui et à le faire mourir.

Les disciples s'étonnèrent en entendant ces paroles du Christ: "Lazare est mort. Et, pour vous, je me réjouis de n'avoir pas été là." Jésus avait-il évité, de propos délibéré, de se rendre auprès de ses amis dans la souffrance? Il semblait que Marie et Marthe eussent été délaissées avec Lazare mourant. Mais il n'en était rien. Le Christ voyait toute cette scène, et après la mort de Lazare il soutint de sa grâce les sœurs en deuil. Jésus vit la douleur de leurs cœurs déchirés, alors que leur frère luttait contre son ennemi puissant, la mort. Il sentait toute leur douleur au moment où il dit aux disciples: "Lazare est mort." Mais le Christ ne devait pas songer seulement à ses amis de Béthanie; il avait aussi à faire l'éducation de ses disciples qui allaient être ses représentants dans le monde, afin que la bénédiction du Père pût embrasser tous les hommes. C'est pour leur bien qu'il laissa mourir Lazare. S'il l'avait rendu à la santé alors qu'il était malade, il n'aurait pu accomplir le miracle qui a fourni la démonstration la plus évidente de son caractère divin.

Si le Christ s'était trouvé dans la chambre du malade, Lazare ne serait pas mort car Satan n'aurait eu aucun pouvoir sur lui. La mort n'eût pu vaincre Lazare en présence du Dispensateur de la vie. Le Christ resta à distance pour permettre à l'ennemi d'exercer sa puissance afin de pouvoir ensuite le chasser comme un ennemi vaincu. Les sœurs affligées virent leur frère déposé dans le sépulcre. Le Christ savait que leur foi au Rédempteur serait soumise à une rude épreuve au moment où elles verraient leur frère mort. Mais il savait aussi que, grâce à la lutte qu'elles devraient soutenir, leur foi resplendirait d'un éclat plus vif. Il sentait en lui-même le contre-coup de toute leur douleur. Bien qu'il tardât, il ne les en aimait pas moins; il savait qu'une victoire devait être remportée dans leur intérêt, dans celui de Lazare, dans le sien propre, et dans celui de ses disciples.

"Pour vous", "afin que vous croyiez". Pour tous ceux qui s'efforcent de saisir la main de Dieu, afin d'être dirigés par lui, le moment du découragement le plus grand est celui-là même où le secours divin est le plus près. Plus tard, ils regarderont en arrière, avec reconnaissance, vers la partie la plus sombre du chemin parcouru. "Le Seigneur sait délivrer de l'épreuve les hommes pieux." Il les fera sortir de toute tentation et de toute épreuve avec une foi plus ferme et une expérience plus riche.

En retardant son arrivée auprès de Lazare, le Christ avait aussi une intention miséricordieuse à l'égard de ceux qui ne l'avaient pas reçu. Il tardait afin de pouvoir, en ressuscitant Lazare d'entre les morts, démontrer à son peuple rebelle et incrédule qu'il était vraiment "la résurrection et la vie". Il ne pouvait se résigner à abandonner tout espoir en faveur de ce peuple, ces pauvres brebis errantes de la maison d'Israël. Leur impénitence lui brisait le cœur. Il voulut, dans sa miséricorde, leur prouver, une fois de plus, qu'il était le Régénérateur, celui qui seul peut mettre en lumière la vie et l'immortalité. Il allait fournir une preuve dont les prêtres ne pourraient donner aucune fausse interprétation. Voilà pourquoi il ajournait sa venue à Béthanie. Ce miracle suprême, la résurrection de Lazare, devait apposer le sceau de Dieu sur son œuvre et sur ses prétentions à la divinité.

En route vers Béthanie, Jésus, selon sa coutume, s'occupa des malades et des nécessiteux. Avant d'arriver, il envoya un messager prévenir les deux sœurs. Il n'entra pas tout de suite dans la maison et resta au bord du chemin, en un endroit tranquille. Les grandes manifestations dont les Juifs accompagnaient la mort de leurs amis et de leurs parents n'étaient pas en harmonie avec l'esprit du Christ. Il entendait les lamentations des pleureuses à gage, et il ne se souciait pas de rencontrer les sœurs au milieu de cette confusion. Parmi ceux qui étaient venus prendre part au deuil, il y avait des parents, dont certains occupaient de hautes positions à Jérusalem. Quelques-uns de ceux-ci se trouvaient au nombre des ennemis les plus implacables de Jésus. Etant informé de leur dessein, le Christ ne se fit pas connaître immédiatement.

Le message fut apporté à Marthe d'une manière si discrète que les autres personnes se trouvant dans la chambre ne purent l'entendre. Marie elle-même, absorbée dans son chagrin, ne remarqua rien. Marthe se leva promptement, pour aller à la rencontre de son Seigneur; Marie, croyant qu'elle était allée auprès du tombeau de Lazare, resta assise, muette de douleur.

Marthe, le cœur agité par des émotions contraires, se hâta au-devant de Jésus. Sur son visage elle lut la même tendresse, le même amour qu'il leur avait toujours témoigné. Sa confiance en lui n'était pas ébranlée, mais elle songeait à son bien-aimé frère, que Jésus aussi avait aimé. Désolée de ce que le Christ n'était pas venu plus tôt, espérant toutefois que, même en ce moment-ci, il ferait quelque chose pour les consoler, elle dit: "Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort." Les deux sœurs avaient souvent répété ces paroles, au milieu du bruit confus des pleureuses.

C'est avec une pitié humaine et divine à la fois que Jésus considéra le visage affligé et dévoré de peine. Marthe ne voulait pas songer au passé; tous ses sentiments trouvaient leur expression dans ces paroles pathétiques: "Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort." Elle ajouta cependant, en regardant ce visage aimant: "Mais maintenant même, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te le donnera."

Jésus donna un encouragement à sa foi, en lui disant: "Ton frère ressuscitera." Par cette réponse il ne se proposait pas de lui faire espérer un changement immédiat. Il voulait diriger les pensées de Marthe au-delà d'un relèvement actuel de son frère et les fixer sur la résurrection des justes. Il voulait qu'elle pût voir dans la résurrection de Lazare un gage de la résurrection de tous les justes, et qu'elle eût l'assurance que cela se ferait par la puissance du Sauveur.

Marthe répondit: "Je sais qu'il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour."

S'efforçant toujours de donner une bonne direction à sa foi, Jésus déclara: "Je suis la résurrection et la vie." En Christ réside la vie, une vie originelle, non empruntée, et qu'il ne tient de personne. "Celui qui a le Fils a la vie." La divinité du Christ donne au croyant l'assurance de la vie éternelle. "Celui qui croit en moi vivra, dit Jésus, quand même il serait mort; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela?" Ici le Christ plonge son regard en avant vers l'époque de son retour. Alors les justes qui seront morts ressusciteront incorruptibles et les justes qui seront vivants seront transportés au ciel sans passer par la mort. Le miracle que le Christ allait accomplir en ressuscitant Lazare d'entre les morts, devait représenter la résurrection de tous les justes. Par sa parole et par ses œuvres, Jésus s'affirma comme l'Auteur de la résurrection. Celui qui devait bientôt mourir sur la croix, se tenait là ayant les clés de la mort, vainqueur du sépulcre, affirmant son droit et sa puissance pour donner la vie éternelle.

Aux paroles du Sauveur: "Crois-tu cela?" Marthe répondit: "Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde." Elle ne comprenait pas encore toute la signification des paroles dites par le Christ, mais elle confessait sa foi en sa divinité, et l'assurance qu'il était capable d'accomplir tout ce qu'il voulait.

"Après avoir dit cela, elle s'en alla. Puis elle appela Marie, sa sœur, et lui dit secrètement: Le Maître est ici, et il t'appelle." Elle dit cela aussi doucement que possible car les prêtres et les anciens étaient décidés à arrêter Jésus à la première occasion. Les cris des pleureuses empêchèrent qu'on entendît ses paroles.

Dès que Marie eut entendu ce message, elle se leva en toute hâte, et quitta la chambre avec une expression étrange sur son visage. Ceux qui étaient venus pour la consoler la suivirent, pensant qu'elle allait au tombeau pour y pleurer. Etant arrivée à l'endroit où Jésus l'attendait, elle s'agenouilla à ses pieds et lui dit, en tremblant: "Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort." Les cris des pleureuses lui étaient pénibles; elle aurait tant voulu échanger, dans le calme, quelques paroles avec Jésus! Mais les mauvais sentiments que quelques-uns des assistants entretenaient à l'égard du Christ l'empêchaient d'exprimer librement sa douleur.

"Quand Jésus vit qu'elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, il frémit en son esprit et fut troublé." Il lisait dans les cœurs de tous ceux qui se trouvaient là réunis. Il vit que plusieurs affichaient une douleur sans sincérité. Il savait que certains des assistants, qui, en ce moment, faisaient parade de larmes hypocrites, comploteraient bientôt la mort, non seulement du puissant thaumaturge, mais de celui-là même qui allait être ressuscité. Le Christ aurait pu les dépouiller du vêtement de leur mensonge. Pourtant, il contint sa juste indignation et s'abstint de dire la vérité, à cause des êtres aimés, agenouillés à ses pieds, dans la douleur, et qui se confiaient réellement en lui.

"Où l'avez-vous déposé?" demanda-t-il. "Seigneur, lui répondirent-ils, viens et vois." Ensemble ils se rendirent au sépulcre. Ce fut une scène lugubre. Lazare avait été très aimé, et ses sœurs, le cœur brisé, pleuraient sur lui, et ses amis mêlaient leurs larmes aux leurs. Devant cette détresse, en voyant tous ces êtres pleurer sur le mort, alors que le Sauveur du monde se tenait là, — "Jésus pleura". Bien qu'il fût le Fils de Dieu, il avait revêtu la nature humaine, il était ému par la douleur humaine. La souffrance éveille toujours de la sympathie dans son cœur tendre et plein de pitié. Il pleure avec ceux qui pleurent, il est dans la joie avec ceux qui sont dans la joie.

Ce n'est pas seulement sa sympathie humaine pour Marie et Marthe qui fit pleurer Jésus. Ses larmes révélaient une douleur supérieure aux douleurs humaines autant que les cieux sont supérieurs à la terre. Le Christ ne pleurait pas sur Lazare, car il était sur le point de le rappeler à la vie. Il pleurait parce que plusieurs de ceux qui s'affligeaient, en ce moment-là, au sujet de Lazare, allaient bientôt former des projets pour mettre à mort celui qui est la résurrection et la vie. Les Juifs incrédules, totalement incapables de comprendre la signification de ses larmes et d'expliquer sa douleur, autrement que par les circonstances présentes, murmuraient: "Voyez quelle amitié il avait pour lui." D'autres, cherchant à semer le doute dans le cœur des assistants, disaient sur un ton moqueur: "Lui qui a ouvert les yeux de l'aveugle, ne pouvait-il pas faire aussi que cet homme ne meure pas?" Si le Christ avait le pouvoir de sauver Lazare, pourquoi l'avait-il laissé mourir?

Le regard prophétique du Christ perçut l'inimitié des pharisiens et des sadducéens. Il savait qu'ils préméditaient sa mort et que quelques-uns de ceux qui l'entouraient se fermeraient bientôt, à eux-mêmes, la porte de l'espérance qui donne accès à la cité de Dieu. Son humiliation et son crucifiement, tout proches, auraient pour résultat la destruction de Jérusalem, et personne, alors, ne ferait entendre des lamentations sur les morts. Il voyait clairement comme dans un tableau le châtiment qui allait frapper Jérusalem. Il savait que plusieurs parmi ceux qui pleuraient maintenant sur Lazare trouveraient la mort dans le siège de la ville et périraient sans espoir.

Ce n'est pas seulement la scène qui se déroulait à ses yeux qui occasionnait les pleurs du Christ. Les douleurs des siècles pesaient sur lui. Il voyait les terribles effets des transgressions de la loi de Dieu, la lutte incessante, commencée avec la mort d'Abel et continuée à travers toute l'histoire du monde, entre le bien et le mal. Il voyait, à travers les âges à venir, les douleurs et les souffrances, les larmes et la mort qui devaient être le partage des hommes. Son cœur était transpercé par la douleur de la famille humaine de tous les siècles et de tous les pays. Les malheurs d'une race coupable pesaient lourdement sur son âme et le désir de soulager toutes leurs détresses faisait jaillir des larmes de ses yeux.

Alors "Jésus, frémissant de nouveau en lui-même, se rendit au tombeau. C'était une cavité, et une pierre était placée dessus. Jésus dit: Otez la pierre." Marthe s'y opposa, pensant qu'il voulait simplement voir le visage du mort, et elle fit remarquer que le corps ayant été enseveli depuis quatre jours, la corruption avait déjà commencé son œuvre. Cette déclaration, faite avant la résurrection de Lazare, ôtait aux ennemis du Christ tout prétexte d'affirmer qu'on avait eu recours à une fraude. Précédemment, les manifestations les plus étonnantes de la puissance de Dieu avaient donné aux pharisiens l'occasion de faire circuler de faux bruits. Au moment de ressusciter la fille de Jaïrus, le Christ avait dit: "L'enfant n'est pas morte, mais elle dort." Comme elle n'avait pas été malade longtemps, et qu'elle avait été rendue à la vie sitôt après sa mort, les pharisiens avaient affirmé que la jeune fille n'était pas morte et que le Christ lui-même avait reconnu qu'elle était simplement endormie. Ils s'étaient efforcés de faire croire que le Christ n'avait pas le pouvoir de guérir, et que ses miracles n'étaient que des actes de tromperie. Mais aujourd'hui on ne pouvait pas nier la mort réelle de Lazare.

Toutes les fois que le Seigneur se prépare à accomplir une œuvre, Satan pousse quelqu'un à s'y opposer. "Otez la pierre", dit le Christ. Autant que cela dépend de vous, préparez mon œuvre. Mais ici, s'affirme la nature volontaire et ambitieuse de Marthe. Elle ne voulait pas que l'on vît le corps en décomposition. Le cœur humain est lent à saisir les paroles du Christ et la foi de Marthe n'avait pas encore compris la véritable signification de sa promesse.

Jésus reprit Marthe avec des paroles empreintes de la plus grande douceur. "Ne t'ai-je pas dit que si tu crois, tu verras la gloire de Dieu?" Pourquoi douter de ma puissance? Pourquoi t'opposer à mes ordres? Tu as ma parole. Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. Les impossibilités naturelles ne sauraient empêcher l'œuvre du Tout-Puissant. Le scepticisme et l'incrédulité ne sont pas de l'humilité. Une foi implicite aux paroles du Christ: voilà la vraie humilité, la vraie soumission.

"Otez la pierre." Le Christ aurait pu adresser son ordre directement à la pierre, qui lui aurait obéi. Il pouvait confier le soin d'ôter celle-ci aux anges se tenant à ses côtés. A son ordre, des mains invisibles auraient roulé la pierre. Mais cela devait être fait par des mains humaines. Le Christ voulait, par là, montrer que l'humanité doit collaborer avec la divinité. La puissance divine n'est pas appelée à faire ce qui est au pouvoir de l'homme. Dieu ne se passe pas de l'aide de l'homme. Il fortifie l'homme, il coopère avec lui dans la mesure où celui-ci fait usage des facultés et des capacités qui lui ont été confiées.

L'ordre est exécuté. La pierre du sépulcre taillé dans le roc est roulée. Tout est fait ouvertement et avec délibération. On peut constater qu'aucune fraude n'est commise. Le corps de Lazare est là, dans le froid et le silence de la mort. Les pleureuses cessent leurs cris. Les assistants, surpris et dans l'attente, se tiennent autour du sépulcre.

Le Christ est calme devant la tombe. La solennité de l'heure étreint les âmes. Jésus se rapproche du sépulcre. Levant les yeux au ciel, il s'écrie: "Père, je te rends grâces de ce que tu m'as exaucé." Peu de temps auparavant, les ennemis du Christ l'avaient accusé de blasphème et avaient pris des pierres pour le lapider parce qu'il se disait le Fils de Dieu. Ils attribuaient ses miracles à la puissance de Satan. Mais voici que le Christ revendique Dieu comme son Père et déclare, avec une parfaite assurance, qu'il est le Fils de Dieu.

Dans tout ce qu'il faisait, le Christ était le collaborateur de son Père. Il s'était toujours efforcé de montrer qu'il n'agissait pas d'une manière indépendante; c'est par la foi et la prière qu'il accomplissait ses miracles. Le Christ désirait que sa relation avec son Père fût connue de tous. "Père, dit-il, je te rends grâce de ce que tu m'as exaucé. Pour moi, je savais que tu m'exauces toujours, mais j'ai parlé à cause de la foule de ceux qui se tiennent ici, afin qu'ils croient que c'est toi qui m'as envoyé." Une démonstration des plus convaincantes allait être donnée aux disciples et au peuple concernant la relation qui existait entre le Christ et Dieu, et prouver que la prétention du Christ n'était pas une imposture.

"Après avoir dit cela, il cria d'une voix forte: Lazare, sors!" Sa voix, claire et pénétrante, transperce les oreilles du mort. Tandis qu'il parle, sa divinité resplendit à travers son humanité. Sur son visage, illuminé par la gloire de Dieu, le peuple voit paraître la conscience de son pouvoir. Tous les regards sont rivés sur l'entrée de la grotte. Toutes les oreilles sont tendues pour saisir le moindre son. On attend avec un intérêt intense et inquiet que la divinité du Christ triomphe de l'épreuve et que soit établi son droit à la filiation divine, — ou que tout espoir s'évanouisse à jamais.

Quelque chose soudain remue dans la tombe silencieuse, et voici qu'apparaît, à l'entrée du sépulcre, celui qui était mort. Ses mouvements sont gênés par les linges mortuaires dans lesquels il a été enveloppé, et le Christ ordonne aux spectateurs étonnés: "Déliez-le, et laissez-le aller." On voit, une fois de plus, la nécessité de la collaboration humaine. L'humanité doit travailler au service de l'humanité. Lazare, débarrassé de ses liens, se tient devant les assistants, non pas amaigri par la maladie, et les membres faibles et vacillants, mais comme un homme dans la pleine vigueur de l'âge. Ses yeux brillent d'intelligence et d'amour pour le Sauveur. Il se jette aux pieds de Jésus pour l'adorer.

Les personnes présentes sont d'abord muettes d'émerveillement, puis se déroule une scène indescriptible de réjouissances et d'actions de grâces. Les sœurs reçoivent comme un don de Dieu leur frère rendu à la vie; avec des larmes de joie et des paroles coupées par l'émotion, elles expriment leur gratitude envers le Sauveur. Tandis que le frère, les sœurs et les amis sont heureux de se revoir, Jésus se retire. Quand on cherche celui qui donne la vie, on ne peut le trouver.

 

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