Le Temple purifié à nouveau


Ce chapitre est basé sur Matthieu 21:12-16, 23-46
Marc 11:15-19, 27-33; 12:1-12; Luc 19:45-48; 20:1-19.
 

Au commencement de son ministère, le Christ avait chassé du temple ceux qui le souillaient par un trafic sacrilège; son attitude sévère, divine, avait jeté l'effroi dans le cœur des marchands rusés. Jésus, au terme de sa mission, revint au temple et le trouva profané, comme auparavant. Les conditions avaient même empiré. Le parvis extérieur du temple ressemblait à un parc à bétail. Aux cris des animaux et au tintement sonore des pièces de monnaie, se mêlait le bruit des altercations irritées, non seulement entre trafiquants, mais parfois même parmi les hommes chargés d'un ministère sacré. Les dignitaires du temple s'occupaient eux-mêmes d'acheter, de vendre et de changer la monnaie. Aux yeux de Dieu, ils ne valaient pas mieux que des voleurs, tant était grande, chez eux, la soif du gain.

Les prêtres et les chefs étaient loin de comprendre la solennité de l'œuvre qu'ils avaient à accomplir. A chaque Pâque et à chaque fête des tabernacles, on mettait à mort des milliers d'animaux, et le sang en était recueilli par les prêtres et répandu sur l'autel. Les Juifs, familiarisés avec l'offrande du sang, avaient presque perdu de vue le fait que toute cette effusion de sang animal était rendue nécessaire par le péché. Ils n'y voyaient pas une figure anticipée du sang du Fils de Dieu, qui devait être versé pour la vie du monde; et ils ne concevaient pas le but de ces sacrifices, qui était d'amener les hommes à un Rédempteur crucifié.

Jésus jeta un regard sur les victimes innocentes destinées au sacrifice, et il vit que les Juifs avaient transformé ces grandes assemblées en scènes de tuerie et de cruauté. Au lieu de témoigner d'un repentir sincère pour leurs péchés, ils avaient multiplié les sacrifices d'animaux, comme si Dieu pouvait être honoré par un culte d'où le cœur était absent. Prêtres et chefs avaient endurci leurs cœurs à force d'égoïsme et d'avarice. Les symboles annonçant l'Agneau de Dieu étaient même devenus entre leurs mains des moyens de s'enrichir; le caractère sacré du service sacrificiel s'était effacé, dans une grande mesure, aux yeux du peuple. Ceci souleva l'indignation de Jésus; il savait que son sang, qui allait bientôt être répandu pour les péchés du monde, ne serait pas plus estimé par les prêtres et les anciens que ne l'était le sang des bêtes qu'ils voyaient couler constamment.

Le Christ s'était élevé contre ces abus quand il faisait dire au prophète Samuel: "L'Eternel prend-il autant de plaisir aux holocaustes et aux sacrifices qu'à l'obéissance due à sa voix? Or l'obéissance vaut mieux que le sacrifice; la soumission vaut mieux que la graisse des béliers." Esaïe, d'autre part, apercevant l'apostasie des Juifs dans une vision prophétique, leur avait dit: "Ecoutez la parole de l'Eternel, chefs de Sodome! Prêtez l'oreille à la loi de notre Dieu, peuple de Gomorrhe! Que m'importe la multitude de vos sacrifices? dit l'Eternel. Je suis rassasié des holocaustes de béliers et de la graisse des veaux gras. Je ne prends point plaisir au sang des taureaux, des agneaux et des boucs. Quand vous venez vous présenter devant ma face, qui vous a demandé de fouler mes parvis? ... Lavez-vous, purifiez-vous! Ecartez de mes yeux vos méchantes actions. Cessez de mal faire. Apprenez à bien faire, recherchez la justice; soutenez l'opprimé, faites droit à l'orphelin, défendez la veuve."

Celui qui avait donné autrefois ces prophéties, renouvelait l'avertissement, pour la dernière fois. En conformité avec la prophétie, le peuple avait proclamé Jésus Roi d'Israël. Le Christ avait reçu leurs hommages, et accepté le titre de roi. Il devait maintenant agir comme tel. Il savait bien qu'il tenterait en vain de réformer un sacerdoce corrompu; néanmoins, il devait accomplir son œuvre; il devait prouver sa mission divine à un peuple incrédule.

Une fois de plus, le regard perçant de Jésus se promena à travers le parvis profané du temple. Tous les yeux étaient fixés sur lui. Prêtres et chefs, pharisiens et païens, considéraient, avec étonnement et avec crainte, celui qui se tenait devant eux, dans toute la majesté d'un roi céleste. La divinité transparaissait à travers son humanité, conférant au Christ une dignité et une gloire qu'il n'avait encore jamais manifestées. Ceux qui se trouvaient près de lui s'éloignèrent autant que le leur permit la foule. Le Sauveur resta seul avec quelques-uns de ses disciples. Il se fit un grand silence, un silence oppressant. Avec une puissance qui secouait la foule, comme une tempête violente, le Christ dit: "Il est écrit: Ma maison sera appelée une maison de prière. Mais vous, vous en faites une caverne de voleurs." Sa voix résonnait comme le son d'une trompette à travers le temple. L'indignation qui se reflétait sur son visage lui donnait l'aspect d'un feu consumant. Il commanda avec autorité: "Otez cela d'ici."

Trois années auparavant, les chefs du temple s'étaient trouvés mortifiés d'avoir fui sur l'ordre de Jésus. Depuis, ils avaient pensé avec surprise à leur crainte, et à la façon dont ils s'étaient soumis sans résistance, à un seul homme, et à un homme de condition humble. Une telle abdication ne pouvait se renouveler. Cependant leur effroi fut plus grand encore, à cette heure, et ils s'empressèrent d'exécuter l'ordre qui leur était donné. Personne n'osa contester l'autorité du Christ. Prêtres et commerçants s'enfuirent hors de sa présence, chassant leur bétail devant eux. En s'éloignant du temple ils rencontrèrent une foule de gens qui, avec leurs malades, étaient à la recherche du grand Guérisseur. En entendant ce qui s'était passé, quelques-uns de ceux-ci rebroussèrent chemin, craignant de paraître devant le Maître puissant dont un seul regard avait suffi à chasser les prêtres et les chefs. Beaucoup d'autres, impatients d'arriver auprès de celui qui était leur seul espoir, se frayèrent un passage à travers la cohue des fuyards. Plusieurs, restés en arrière quand la multitude était sortie du temple, se joignirent aux nouveaux arrivés; le parvis se trouva rempli de malades et de mourants qui reçurent les soins de Jésus.

Pourtant, après un moment, les prêtres et les chefs s'enhardirent et revinrent au temple. La panique une fois passée, ils étaient anxieux de savoir ce que Jésus allait faire. Ils s'attendaient à le voir s'emparer du trône de David. Etant rentrés sans bruit, ils entendirent des voix d'hommes, de femmes et d'enfants, louant Dieu, et furent émerveillés à la vue du tableau qui s'offrait à leurs regards. Des malades guéris, des aveugles ayant recouvré la vue, des sourds, l'ouïe, et des estropiés sautant de joie. Les enfants se livraient à la gaieté la plus démonstrative. Jésus les avait guéris de leurs maladies, il les avait serrés dans ses bras, il avait reçu leurs baisers de reconnaissance affectueuse; quelques-uns même s'étaient endormis sur sa poitrine pendant qu'il enseignait le peuple. Maintenant leurs petites voix joyeuses célébraient ses louanges. Ils répétaient les hosannas de la veille, en agitant triomphalement des branches de palmiers devant le Sauveur. Le temple retentissait de leurs acclamations ininterrompues: "Béni soit celui qui vient au nom de l'Eternel!" "Voici que ton roi vient à toi; il est juste et victorieux!" "Hosanna au Fils de David!"

Le son de ces voix joyeuses et libres était un scandale pour les chefs du temple qui voulurent faire cesser ces démonstrations en affirmant au peuple que la maison de Dieu était profanée par les pieds des enfants et les cris de réjouissance. Voyant que leurs paroles ne faisaient aucune impression sur la foule, les chefs s'adressèrent au Christ: "Entends-tu ce qu'ils disent? Oui, leur répondit Jésus. N'avez-vous jamais lu ces paroles: Tu as tiré des louanges de la bouche des enfants et de ceux qui sont à la mamelle?" La prophétie avait annoncé que le Christ devait être proclamé roi: elle devait s'accomplir. Les prêtres et les chefs d'Israël ayant refusé de lui servir de hérauts, Dieu suscita des enfants pour être ses témoins. Si ces voix d'enfants étaient restées silencieuses, les colonnes même du temple eussent fait entendre les louanges du Sauveur.

Les pharisiens se trouvaient complètement désemparés. Quelqu'un qui ne se laissait pas intimider avait la haute main. Jésus avait pris position en qualité de gardien du temple. Il n'avait jamais auparavant assumé une telle autorité royale. Jamais encore ses paroles et ses œuvres n'avaient revêtu une si grande puissance. Sans doute il avait accompli des œuvres merveilleuses dans tout Jérusalem, mais jamais encore avec autant de solennité et d'une manière aussi impressionnante. Les prêtres et les chefs n'osaient pas montrer ouvertement leur hostilité en présence de la foule qui venait d'assister à ses œuvres merveilleuses. Bien que fous de rage et confondus par la réponse du Christ, ils ne purent rien faire de plus ce jour-là.

Le lendemain matin le sanhédrin tint conseil à nouveau au sujet de Jésus. Trois années auparavant, on avait réclamé de lui un signe de sa messianité. Depuis lors, dans tout le pays, il avait guéri des malades, rassasié miraculeusement des milliers de personnes, marché sur les flots, et apaisé la mer agitée. A plusieurs reprises il avait lu dans les cœurs, comme dans un livre ouvert; il avait chassé des démons, ressuscité des morts. Les chefs avaient eu des preuves de sa messianité. Aussi décidèrent-ils, non pas de lui demander un nouveau signe, mais de lui arracher quelque aveu ou quelque affirmation qui pût servir à le condamner.

Etant venus au temple où il enseignait, ils l'interrogèrent ainsi: "En vertu de quelle autorité fais-tu cela, et qui t'a donné cette autorité?" Ils s'attendaient à ce qu'il déclarât que son autorité venait de Dieu. Dans ce cas, ils se proposaient de contester son affirmation, mais Jésus leur répondit par une autre question, paraissant sans rapport avec le sujet, et il leur dit qu'il ne leur donnerait d'explication que s'il recevait d'abord une réponse à sa question. "Le baptême de Jean, demanda-t-il, d'où venait-il, du ciel ou des hommes?" Les prêtres se virent pris dans un dilemme d'où aucun sophisme ne pourrait les faire sortir. S'ils reconnaissaient que le baptême de Jean était du ciel, ils faisaient éclater leur inconséquence. Car alors le Christ leur dirait: Pourquoi n'avez-vous donc pas cru en lui? Jean, en effet, avait rendu ce témoignage au Christ: "Voici l'Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde." Si les prêtres acceptaient le témoignage de Jean, comment pouvaient-ils nier la messianité de Jésus? Et s'ils avouaient que le ministère de Jean était une chose toute humaine, ils soulèveraient une tempête d'indignation; car le peuple croyait que Jean était un prophète.

La foule attendait la décision avec la plus vive curiosité. On savait que les prêtres avaient fait profession d'accepter le ministère de Jean, et l'on supposait qu'ils admettraient, sans hésitation, qu'il était envoyé de Dieu. Mais les prêtres, s'étant consultés en secret, décidèrent de ne pas se compromettre. Prétextant, avec hypocrisie, leur ignorance, ils dirent: "Nous ne savons." "Moi non plus, dit le Christ, je ne vous dis pas en vertu de quelle autorité je fais cela."

Scribes, prêtres et chefs étaient réduits au silence. Déjoués et déçus, ils tenaient les yeux baissés, n'osant pas poser de nouvelles questions. Leur lâcheté et leur indécision leur avaient, en grande mesure, aliéné le respect du peuple, qui assistait maintenant, amusé, à la défaite de ces hommes orgueilleux qui se croyaient justes.

Tous ces faits et dires du Christ avaient leur importance, et devaient exercer une influence croissante, après la crucifixion et l'ascension. Plusieurs de ceux qui avaient attendu, avec anxiété, le résultat de l'interrogation de Jésus, deviendraient plus tard ses disciples, attirés à lui, principalement, par les paroles entendues en ce jour remarquable. Ce qui s'était passé dans les parvis du temple ne s'effacerait jamais des mémoires. On remarquait, au cours de leur entretien, un contraste frappant entre Jésus et le souverain sacrificateur. L'orgueilleux dignitaire du temple, vêtu de vêtements riches et coûteux, portait sur la tête une tiare resplendissante. Son apparence majestueuse, rehaussée par ses cheveux argentés et sa longue barbe flottante, inspirait la crainte. Devant cet auguste personnage se tenait la Majesté du ciel, sans ornement et sans faste. Ses vêtements portaient la trace du voyage; son visage pâle exprimait une tristesse résignée, une dignité et une bienveillance qui faisaient un contraste étrange avec l'air orgueilleux et courroucé du grand prêtre. Plusieurs parmi les témoins des paroles et des actes de Jésus, dans le temple, gardèrent dans le cœur la conviction qu'il était un prophète de Dieu. En constatant la faveur du courant populaire vis-à-vis de Jésus, la haine des prêtres s'accrut. La sagesse avec laquelle il échappait à leurs pièges, donnant une preuve nouvelle de sa divinité, alimentait leur colère.

En discutant avec les rabbins, l'intention du Christ n'était pas d'humilier ses adversaires; il ne jouissait pas de leur embarras, mais il voulait donner une importante leçon et confondre ses ennemis en les prenant au filet qu'ils avaient tendu sous ses pas. L'ignorance dont ils faisaient l'aveu concernant le caractère du baptême de Jean, lui offrait l'occasion de parler, et il en profita pour leur montrer leur vraie position et pour ajouter un nouvel avertissement à ceux qu'il leur avait déjà donnés.

"Qu'en pensez-vous? dit-il. Un homme avait deux fils; il s'adressa au premier et dit: Mon enfant, va travailler aujourd'hui à ma vigne. Il répondit: J'y vais Seigneur; mais il n'y alla pas. Il s'adressa alors au deuxième et lui donna le même ordre; celui-ci répondit: Je ne veux pas; puis il se repentit, et il y alla. Lequel des deux fils a fait la volonté du père?"

Cette question inattendue prit ses auditeurs au dépourvu. Ils avaient écouté attentivement et ils s'empressèrent de répondre: "Le dernier." Fixant sur eux des regards sévères, Jésus leur dit avec solennité: "En vérité, je vous le dis, les péagers et les prostituées vous devanceront dans le royaume de Dieu. Car Jean est venu à vous dans la voie de la justice, et vous n'avez pas cru en lui. Mais les péagers et les prostituées ont cru en lui; et vous, qui avez vu cela, vous ne vous êtes pas ensuite repentis pour croire en lui."

Les prêtres et les chefs ne pouvaient éviter de répondre correctement au Christ; il put ainsi connaître leur opinion favorable au second fils, qui représentait les péagers méprisés et haïs des pharisiens. Les péagers avaient mené une vie immorale; ils avaient transgressé la loi de Dieu et résisté violemment à ses exigences. Ils avaient été ingrats et impies; invités à aller travailler dans la vigne du Seigneur ils avaient refusé dédaigneusement. Mais quand Jean se présenta, prêchant la repentance, ils avaient reçu son message et son baptême.

Le second fils représentait les conducteurs de la nation juive. Quelques pharisiens s'étaient repentis et avaient reçu le baptême de Jean, mais les chefs ne voulurent pas le reconnaître comme venant de Dieu. Ses avertissements et ses menaces ne les amenèrent pas à se réformer. "En ne se faisant pas baptiser par lui", ils rejetèrent "le dessein de Dieu à leur égard". Ils traitèrent son message avec mépris. Comme le premier fils qui avait dit, en réponse à l'appel, "j'y vais, Seigneur", mais n'alla pas, les prêtres et les chefs faisaient profession d'obéissance et désobéissaient néanmoins. Ils affichaient une grande piété, déclaraient vouloir obéir à la loi divine, mais ils n'obéissaient pas vraiment. Les péagers, quoique dénoncés et maudits comme infidèles par les pharisiens, montraient par leur foi et leurs œuvres qu'ils devançaient dans le royaume des cieux ces propre-justes favorisés par de grandes lumières mais dont les œuvres n'étaient pas à la hauteur de leur profession de piété.

Peu désireux d'entendre ces vérités pénétrantes, les prêtres et les chefs restèrent silencieux; ils espéraient que Jésus dirait quelque chose dont ils pussent se servir contre lui; ils durent encore entendre autre chose.

"Ecoutez une autre parabole: Il y avait un maître de maison qui planta une vigne. Il l'entoura d'une haie, y creusa un pressoir et y bâtit une tour. Puis il la loua à des vignerons et partit en voyage. A l'approche des vendanges, il envoya ses serviteurs vers les vignerons pour recevoir les fruits de sa vigne. Les vignerons prirent ses serviteurs, frappèrent l'un, tuèrent l'autre et lapidèrent le troisième. Il envoya encore d'autres serviteurs en plus grand nombre que les premiers, et les vignerons les traitèrent de la même manière. Enfin il envoya vers eux son fils en disant: Ils respecteront mon fils. Mais quand les vignerons virent le fils, ils se dirent entre eux: C'est lui l'héritier; venez, tuons-le et nous aurons son héritage. Et ils le prirent, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. Maintenant, lorsque le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons?"

Jésus s'adressait à toutes les personnes présentes. La réponse fut donnée par les prêtres et les chefs: "Il fera périr misérablement ces misérables, et il louera la vigne à d'autres vignerons qui lui en donneront les fruits en leur saison." Ceux qui parlaient ainsi n'avaient pas tout d'abord deviné l'application de la parabole, mais ils ne tardèrent pas à comprendre qu'ils venaient de prononcer leur propre condamnation. Dans cette parabole le maître de maison représente Dieu, la vigne la nation juive, la haie la loi divine qui les protégeait. La tour symbolisait le temple. Le maître de la vigne avait tout fait pour assurer la prospérité de cette vigne. "Qu'y avait-il à faire à ma vigne que je n'aie fait pour elle?" disait-il. Ainsi étaient rappelés les soins infatigables prodigués à Israël. De même que les vignerons devaient donner au propriétaire la proportion convenue des fruits de la vigne, le peuple de Dieu aurait dû l'honorer par une vie qui correspondît à leurs privilèges sacrés. Mais de même que les vignerons avaient tué les serviteurs envoyés pour recevoir le fruit, les Juifs avaient mis à mort les prophètes que Dieu leur avait envoyés pour les inviter à la repentance. Un messager après l'autre avait été mis à mort. Jusqu'ici l'application de la parabole ne pouvait être contestée; la suite allait être aussi évidente. Dans ce fils bien-aimé envoyé à la fin par le maître de la vigne à ses serviteurs désobéissants, qu'ils saisirent et tuèrent, les prêtres et les chefs n'eurent pas de peine à distinguer Jésus et le sort qui l'attendait. Car déjà ils formaient le projet de mettre à mort celui que le Père leur avait envoyé, chargé de leur adresser un suprême appel. La punition infligée aux vignerons ingrats annonçait la condamnation des meurtriers du Christ.

Le Sauveur les considéra avec pitié et continua: "N'avez-vous jamais lu dans les Ecritures:

'La pierre qu'ont rejetée ceux qui bâtissaient
Est devenue la pierre angulaire.
C'est du Seigneur que cela est venu,
Et c'est admirable à nos yeux'?

C'est pourquoi je vous le dis, le royaume de Dieu vous sera enlevé et sera donné à une nation qui en produira les fruits. [Quiconque tombera sur cette pierre s'y brisera, et celui sur qui elle tombera, elle l'écrasera.]"

Les Juifs avaient souvent répété cette prophétie dans leurs synagogues et en avaient fait l'application au Messie à venir. Le Christ était la pierre angulaire de l'économie juive et du plan du salut tout entier. Les constructeurs juifs, prêtres et chefs d'Israël, rejetaient maintenant cette pierre du fondement. Le Sauveur appelait leur attention sur les prophéties qui signalaient le danger qu'ils couraient. Par tous les moyens en son pouvoir il s'efforçait de leur faire comprendre la portée des actes qu'ils étaient sur le point d'accomplir.

Ses paroles cachaient encore un autre dessein. En demandant: "Lorsque le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons?" Jésus voulait arracher aux pharisiens la réponse qu'ils donnèrent en effet, et qui les condamnait. Ses avertissements n'ayant pas été suivis de repentance, il voulait leur montrer qu'ils avaient scellé leur propre condamnation et préparé leur ruine. Il se proposait de leur montrer que Dieu était juste en leur retirant leurs privilèges nationaux, comme il avait déjà commencé à le faire, ce qui allait aboutir à la destruction du temple et de leur cité, et à la dispersion de la nation.

L'avertissement fut compris des auditeurs. Cependant, malgré la sentence qu'ils venaient de prononcer sur eux-mêmes, les prêtres et les chefs étaient prêts à se conformer au tableau présenté par Jésus: "C'est lui l'héritier; venez, tuons-le." "Mais tout en cherchant à le saisir, ils craignirent les foules, parce qu'elles le tenaient pour un prophète." L'opinion publique était favorable au Christ.

En citant la prédiction relative à la pierre rejetée, le Christ faisait allusion à un incident de l'histoire d'Israël. Bien que cela s'appliquât spécialement à la première venue du Christ et constituât un puissant appel pour les Juifs, il y a là aussi une leçon pour nous. Lors de la construction du temple de Salomon, les immenses pierres qui devaient entrer dans les murs et les fondations étaient entièrement préparées dans la carrière; il n'y avait plus lieu de les travailler quand elles arrivaient sur l'emplacement; les ouvriers n'avaient qu'à les mettre à leur place. On avait amené une pierre de grandeur inhabituelle qui devait trouver place dans le fondement, mais les ouvriers ne trouvèrent pas sa place et la mirent de côté. Elle les gênait au passage et resta longtemps sans emploi. Cependant, quand on arriva à l'angle, les constructeurs cherchèrent en vain une pierre suffisamment grande et solide, de dimensions convenables, susceptible d'occuper cette place et de supporter le poids de l'édifice. Un choix peu judicieux eût mis en péril l'équilibre de tout l'édifice. Il fallait une pierre capable de supporter la chaleur du soleil, le gel et la tempête. Les diverses pierres qu'on avait essayées s'étaient effritées sous le poids auquel elles avaient été soumises. D'autres ne supportaient pas les changements atmosphériques soudains. Pour finir, l'attention se porta sur la pierre qui avait été rejetée. Exposée à l'air, au soleil, à la tempête, elle avait résisté sans la moindre fêlure. Les constructeurs examinèrent cette pierre, qui avait supporté toutes les épreuves sauf une. On décida de l'accepter comme pierre angulaire si elle résistait à une forte pression. L'épreuve réussit, la pierre fut acceptée, amenée à la place prévue, et l'on vit qu'elle répondait exactement au besoin.

Dans une vision prophétique, Esaïe avait vu que cette pierre était un symbole du Christ. Voici ses paroles:

"Sanctifiez l'Eternel des armées; c'est lui seul que vous devez craindre et redouter. Il sera un sanctuaire, mais aussi une pierre d'achoppement, un rocher de scandale pour les deux maisons d'Israël, un piège et un filet pour les habitants de Jérusalem. Beaucoup d'entre eux trébucheront; ils tomberont et se briseront; ils seront enlacés et pris au filet." Transporté au temps du premier avènement, dans sa vision prophétique, le prophète voit que le Christ doit être soumis aux épreuves figurées par le traitement réservé à la pierre angulaire du temple de Salomon. "C'est pourquoi ainsi parle le Seigneur, l'Eternel: Voyez! J'ai mis pour fondement en Sion une pierre, une pierre angulaire, choisie et précieuse, solidement posée; celui qui s'appuiera sur elle ne sera pas réduit à s'enfuir."

Avec une sagesse infinie Dieu a choisi la pierre de fondement et l'a placée lui-même. Il l'a déclaré: c'est un fondement sûr. Le monde entier peut déposer sur elle ses fardeaux et ses chagrins: elle peut les supporter. Le Christ est une pierre éprouvée. Il ne déçoit jamais ceux qui se confient en lui. Il a supporté toutes les épreuves. La faute d'Adam a pesé sur lui, ainsi que celle de ses descendants; il en est sorti plus que vainqueur sur les puissances du mal. Il a porté les fardeaux jetés sur lui par chaque pécheur repentant. En Christ le cœur coupable trouve le soulagement. Il offre un fondement sûr. Tous ceux qui dépendent de lui reposent dans une sécurité parfaite.

La prophétie d'Esaïe présente le Christ à la fois comme un fondement sûr et comme une pierre d'achoppement. Inspiré par le Saint-Esprit, l'apôtre Pierre montre pour qui le Christ est une pierre angulaire et pour qui un rocher de scandale:

"Si vous avez goûté que le Seigneur est bon, approchez-vous de lui, pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu, et vous-mêmes, comme des pierres vivantes, édifiez-vous pour former une maison spirituelle, un saint sacerdoce, en vue d'offrir des victimes spirituelles, agréables à Dieu par Jésus-Christ; car il y a dans l'Ecriture: Voici, je pose en Sion une pierre angulaire, choisie, précieuse, et celui qui croit en elle ne sera point confondu. L'honneur est donc pour vous qui croyez. Mais, pour les incrédules, la pierre qu'ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la pierre angulaire et une pierre d'achoppement et un rocher de scandale. Ils s'y achoppent pour avoir désobéi à la parole."

Pour ceux qui croient, le Christ est un sûr fondement. Car ils sont tombés sur le Rocher et s'y sont brisés. Ceci veut dire soumission au Christ et foi en lui. Tomber sur le Rocher et s'y briser signifie renoncer à la propre-justice, aller au Christ avec une humilité enfantine, en se repentant de ses transgressions, en croyant à l'amour qui pardonne. C'est aussi par la foi et l'obéissance que nous sommes édifiés sur le fondement du Christ.

Juifs et Gentils peuvent également bâtir sur cette pierre vivante. Elle est assez large et assez forte pour soutenir le poids et le fardeau du monde entier. Unis au Christ, la pierre vivante, tous ceux qui sont édifiés sur ce fondement deviennent autant de pierres vivantes. Bien des personnes veulent se façonner, se polir, s'embellir par leurs propres efforts; elles ne peuvent devenir des pierres vivantes faute d'être unies au Christ. Personne ne peut être sauvé en dehors de cette union. Impossible de résister à la violence des tentations si l'on ne possède en soi la vie du Christ. Il n'y a de sécurité éternelle que pour celui qui construit sur le fondement solide. Aujourd'hui, quantité de gens construisent sur des fondements non éprouvés. Quand la pluie tombe, et que la tempête fait rage, produisant une inondation, la maison s'écroule, n'étant pas fondée sur le Rocher éternel, la pierre angulaire, le Christ-Jésus.

Pour ceux qui "s'y achoppent pour avoir désobéi à la parole", le Christ est un rocher de scandale. Mais "la pierre qu'ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la pierre angulaire". Tout comme la pierre rejetée, au cours de sa mission terrestre le Christ a été négligé et maltraité. "Il était méprisé, abandonné des hommes. Homme de douleurs, connaissant la souffrance, il inspirait le mépris ... et nous n'avons fait aucun cas de lui." Mais le moment de sa glorification approchait. Par sa résurrection d'entre les morts il allait être "déclaré Fils de Dieu avec puissance". Il sera manifesté en qualité de Seigneur du ciel et de la terre à sa seconde venue. Ceux qui étaient sur le point de le crucifier le reconnaîtront alors dans sa véritable grandeur. A la vue de l'univers, la pierre rejetée deviendra la pierre angulaire.

"Et celui sur qui elle tombera, elle l'écrasera." Le peuple qui rejetait le Christ assisterait bientôt à la destruction de sa capitale et de sa nation. Sa gloire s'évanouirait, dispersée à tous les vents comme de la poussière. Or qu'est-ce qui a amené la destruction des Juifs? C'est le rocher sur lequel ils eussent pu bâtir en toute sécurité. Mais la bonté de Dieu a été méprisée, la justice bravée, la miséricorde dédaignée. Les hommes se sont mis en opposition avec Dieu; tout ce qui aurait pu contribuer à leur salut a été changé en un moyen de destruction. Tout ce qui tendait à la vie, dans la pensée de Dieu, est devenu instrument de mort. Le sang versé au Calvaire a entraîné leur ruine présente et future. Il en sera de même au grand jour final, quand le jugement frappera ceux qui auront rejeté la grâce divine. Le Christ, rocher de scandale, leur semblera alors une montagne vengeresse. La gloire de son visage, qui apportera la vie aux justes, sera un feu consumant pour les méchants. Le pécheur sera détruit pour avoir rejeté l'amour et méprisé la grâce.

Par des images variées et des avertissements répétés Jésus montra ce qui arriverait aux Juifs qui rejetaient le Fils de Dieu. Ses paroles s'adressent à tous ceux qui, dans tous les siècles, refusent de le recevoir comme leur Rédempteur. Tous ces avertissements les concernent. Le temple profané, le fils désobéissant, les méchants vignerons, les constructeurs dédaigneux: tous ont leur contrepartie dans l'expérience de chaque pécheur qui, s'il ne se repent, subira la condamnation annoncée.

 

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Il n'est guère possible de capturer toute la méchanceté et
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Les Deux Babylones


Le jour de fin du monde est imprévisible, mais quand
féroce la haine mondiale surgit contre un petit groupe chrétien, ce
sera environ une année de plus. En attendant, il peut y avoir
confusion et la perplexité, mais soyez assuré, le jour de la fin,
quant à ce jour, personne ne les connaît, pas même les
anges dans le ciel ni le Fils, le Père seul les connaît.
Marc 13:32

 

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