Représentation anticipée de la Croix


Ce chapitre est basé sur Matthieu 16:13-28; Marc 8:27-38; Luc 9:18-27.

L'œuvre du Christ sur la terre touchait à sa fin. Jésus voyait devant lui, comme en une esquisse aux contours précis, les scènes vers lesquelles il s'acheminait. Avant même d'avoir revêtu l'humanité, il avait embrassé du regard tout le chemin qu'il devait parcourir pour sauver ce qui était perdu. Les angoisses qui déchireraient son cœur, les injures dont il serait abreuvé, les privations qu'il devrait endurer, tout cela s'offrait à sa vue avant même qu'il eût quitté la couronne et le vêtement royal pour descendre les marches du trône et voiler sa divinité sous l'humanité. La voie de la crèche au Calvaire était tout entière devant ses yeux. Il n'ignorait rien et disait cependant: "Me voici, je viens, avec le rouleau du livre qui est écrit pour moi. Mon Dieu, je prends plaisir à faire ta volonté. Et ta loi est au fond de mon cœur."

Il ne cessa jamais d'avoir présent à l'esprit le résultat de sa mission. Sa vie terrestre, si remplie de peines et de renoncements, était égayée par la pensée que tout son travail ne serait pas vain. En donnant sa vie pour la vie des hommes, il ramènerait ceux-ci à la fidélité envers Dieu. Il devra pour cela recevoir le baptême du sang; son âme innocente portera le fardeau des péchés du monde; l'ombre d'une douleur indescriptible s'étendra sur lui; néanmoins, à cause de la joie qui lui est réservée, il souffrira la croix et méprisera l'ignominie.

Les scènes qui se déroulaient devant lui restaient encore cachées à ceux qu'il avait élus comme compagnons de son ministère; mais le temps approchait où ils devaient contempler son agonie. Celui qu'ils avaient aimé et en qui ils s'étaient confiés, ils allaient le voir livré aux mains de ses ennemis et suspendu à la croix du Calvaire. Bientôt ils devraient affronter le monde sans jouir du réconfort de sa présence visible. Il savait comment une haine violente et l'incrédulité les poursuivraient, et il désirait les préparer en vue de leurs épreuves.

Jésus se trouvait maintenant avec ses disciples dans une ville du territoire de Césarée de Philippe. Ils se trouvaient en dehors des limites de la Galilée, dans une contrée où dominait l'idolâtrie. Là les disciples échappaient à l'influence dominante du judaïsme, et se trouvaient en contact intime avec le culte païen. Ils avaient sous les yeux les formes de la superstition qui existaient dans toutes les parties du monde. Jésus voulait qu'en voyant ces choses ils sentissent leur responsabilité à l'égard des païens. Pendant son séjour dans cette région, il s'abstint autant que possible d'enseigner le peuple, afin de se consacrer plus entièrement à ses disciples.

Il était sur le point de leur parler des souffrances qui l'attendaient. Mais il commença par s'éloigner d'eux, afin d'obtenir par ses prières que leurs cœurs fussent disposés à recevoir ses paroles. Les ayant rejoints, il voulut, d'abord, leur donner l'occasion de confesser leur foi en lui et par là les affermir en vue de l'épreuve. Il leur demanda: "Les gens, que disent-ils? Qui est le Fils de l'homme?"

Avec tristesse les disciples durent constater qu'Israël n'avait pas reconnu son Messie. Quelques-uns, il est vrai, à la vue de ses miracles, l'avaient proclamé Fils de David. Les foules rassasiées par lui à Bethsaïda avaient même voulu le couronner roi d'Israël. Certains, disposés à l'accueillir comme prophète, ne croyaient pas à sa messianité.

Jésus posa alors une seconde question, se rapportant aux disciples eux-mêmes: "Mais vous, leur dit-il, qui dites-vous que je suis?" Pierre répondit: "Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant." Dès le début Pierre avait cru à la messianité de Jésus. Beaucoup d'autres, quoique convaincus par la prédication de Jean-Baptiste, après avoir accepté le Christ, avaient commencé à douter de la mission de Jean quand ils l'avaient vu emprisonné et mis à mort; maintenant ils doutaient que Jésus fût ce Messie attendu depuis si longtemps. Beaucoup de disciples qui avaient attendu avec impatience le moment où Jésus s'installerait sur le trône de David, le délaissèrent quand ils se rendirent compte que telle n'était pas son intention. Mais Pierre et ses compagnons lui restèrent fidèles. L'attitude vacillante de ceux qui l'acclamaient hier et le condamnaient aujourd'hui, n'anéantit pas la foi du vrai disciple du Sauveur. Pierre déclara donc: "Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant." Il n'attendit pas que son Seigneur fût revêtu d'honneurs royaux; il l'accepta dans son humiliation.

Pierre avait exprimé la foi des douze. Toutefois les disciples étaient encore loin de comprendre la mission du Christ. Sans les détourner de lui, l'opposition et les insinuations perfides des prêtres et des anciens les rendaient perplexes. Ils ne voyaient pas clair devant eux. L'influence, la puissance de la tradition, tout cela constituait un écran qui leur dérobait la vue de la vérité. De temps en temps de précieux rayons de lumière, émanant de Jésus, les illuminaient; malgré cela, ils étaient souvent comme des hommes marchant à tâtons parmi des ombres. Ce jour-là, au moment où ils allaient être placés en face de la suprême épreuve de leur foi, le Saint-Esprit reposait sur eux avec puissance. Un instant leurs regards furent détournés des "choses visibles", pour contempler les "invisibles". Ils reconnurent, sous son déguisement humain, la gloire du Fils de Dieu.

Jésus répondit à Pierre: "Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car ce n'est pas la chair ni le sang qui t'ont révélé cela, mais c'est mon Père qui est dans les cieux."

La vérité confessée par Pierre constitue le fondement de la foi du croyant. C'est d'elle que le Christ lui-même a dit qu'elle est la vie éternelle. Mais la possession de cette connaissance ne doit pas être une raison de se glorifier. Ce n'est pas par une sagesse ou une bonté personnelle que Pierre parvenait à cette vérité. L'humanité n'atteindra jamais, par elle-même, à la connaissance des choses divines. "Elles ont la hauteur des cieux: que pourrais-tu donc faire? Elles sont plus profondes que le séjour des morts: comment les connaîtrais-tu?" Seul l'Esprit d'adoption nous fait distinguer les choses profondes de Dieu, "ce que l'œil n'a pas vu, ce que l'oreille n'a pas entendu, et ce qui n'est pas monté au cœur de l'homme". "Dieu nous l'a révélé par l'Esprit. Car l'Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu." "Le secret de l'Eternel est pour ceux qui le craignent"; le fait que Pierre discerna la gloire du Christ prouve qu'il avait été "instruit par Dieu". Oui, assurément, "tu es heureux, Simon, fils de Jonas; car ce n'est pas la chair ni le sang qui t'ont révélé cela".

Jésus continua: "Et moi je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Eglise et les portes du séjour des morts ne prévaudront pas contre elle." Le mot Pierre signifie un caillou, une pierre roulante. Pierre n'était donc pas le rocher sur lequel l'Eglise a été fondée. Les portes du séjour des morts ont prévalu contre lui lorsqu'il renia son Seigneur avec serment et avec imprécations. L'Eglise a été fondée sur quelqu'un contre qui les portes des enfers ne peuvent prévaloir.

Des siècles avant la venue du Sauveur, Moïse avait désigné le rocher du salut d'Israël. Le Psalmiste avait chanté son "rocher protecteur". Esaïe avait écrit: "Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel: Voyez! j'ai mis pour fondement en Sion une pierre, une pierre angulaire, choisie et précieuse, solidement posée." Pierre lui-même, sous l'influence de l'inspiration, applique à Jésus cette prophétie. Il dit: "... Si vous avez goûté que le Seigneur est bon, approchez-vous de lui, pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu, et vous-mêmes, comme des pierres vivantes, édifiez-vous pour former une maison spirituelle."

"Personne ne peut poser un autre fondement que celui qui a été posé, savoir Jésus-Christ." "Sur cette pierre, dit Jésus, je bâtirai mon Eglise." En présence de Dieu et des esprits célestes, en présence aussi de l'armée invisible de l'enfer, le Christ a fondé son Eglise sur le Rocher vivant. Ce Rocher c'est lui-même, — son corps rompu et meurtri pour nous. Bâtie sur ce fondement, l'Eglise défie les puissances de l'enfer.

L'Eglise paraissait encore bien faible au moment où ces paroles du Christ furent prononcées. Il n'y avait qu'une poignée de croyants contre lesquels toutes les puissances du mal, humaines et démoniaques, allaient être dirigées; cependant les disciples ne devaient pas avoir peur. Fondés sur leur Rocher protecteur, ils ne pouvaient être renversés.

Pendant six mille ans la foi a bâti sur le Christ. Pendant la même durée les flots et les tempêtes de la colère de Satan sont venus frapper le Rocher de notre salut; néanmoins il reste inébranlable.

Pierre avait exprimé la vérité servant de fondement à la foi de l'Eglise; c'est pourquoi Jésus l'honora en tant que représentant de tout le corps des croyants. Il lui dit: "Je te donnerai les clefs du royaume des cieux; ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux."

"Les clefs du royaume des cieux" sont les paroles du Christ. Toutes les paroles de l'Ecriture sainte sont de lui et se trouvent renfermées dans cette expression. Ces paroles ont le pouvoir d'ouvrir et de fermer le ciel. Elles énoncent les conditions auxquelles les hommes sont reçus ou rejetés. Ainsi l'œuvre des prédicateurs de la Parole de Dieu est une odeur de vie pour la vie ou de mort pour la mort. Leur mission entraîne des conséquences éternelles.

Ce n'est pas à Pierre seul qu'a été confiée l'œuvre de l'Evangile. Plus tard le Sauveur a répété les paroles qu'il avait dites à Pierre, mais en les appliquant directement à l'Eglise. Les mêmes choses furent énoncées aux douze en tant que représentants de l'ensemble des croyants. Si Jésus avait conféré à l'un des disciples une autorité particulière sur les autres, on ne les aurait pas vus si souvent se disputer pour savoir lequel était le plus grand. Ils se seraient soumis à la volonté du Maître et ils auraient respecté l'élu de son choix.

Bien loin de placer l'un des disciples à la tête des autres, le Christ leur dit: "Mais vous, ne vous faites pas appeler Rabbi, ... et ne vous faites pas appeler conducteurs, car un seul est votre conducteur, le Christ."

"Christ est le chef de tout homme." Dieu, qui "a tout mis sous ses pieds [du Sauveur]", l'a donné "pour chef suprême à l'Eglise, qui est son corps, la plénitude de celui qui remplit tout en tous". L'Eglise est fondée sur le Christ; elle doit donc lui obéir comme à son chef et non pas dépendre de l'homme ni être dominée par l'homme. Plusieurs prétendent que la position élevée qu'ils occupent dans l'Eglise leur donne le pouvoir d'ordonner aux hommes ce qu'ils doivent croire et faire. Dieu ne sanctionne pas de telles prétentions. Le Sauveur déclare: "Vous êtes tous frères." Tous sont exposés aux tentations et sujets à l'erreur. Nous ne devons nous confier à la direction d'aucun être fini. Le Rocher de la foi, c'est la présence vivante du Christ dans l'Eglise. Sur lui le plus faible peut s'appuyer, tandis que ceux qui se croient les plus forts se trouveront être les plus faibles si leur capacité ne vient pas du Christ. "Maudit est l'homme qui se confie en l'homme, qui fait de la créature son appui." "De lui, notre Rocher, l'œuvre est parfaite." "Heureux tous ceux qui cherchent leur refuge en lui." Après avoir reçu la confession de Pierre, Jésus défendit aux disciples de dire à qui que ce fût qu'il était le Christ. Cette défense s'explique par l'opposition irréductible des scribes et des pharisiens. Il faut ajouter que le peuple, et les disciples eux-mêmes, avaient du Messie une conception tellement fausse que Jésus, en prenant publiquement ce titre, n'aurait pas donné une idée juste de son caractère et de son œuvre. Mais il se révélait à eux, jour après jour, comme le Sauveur, et il désirait aussi leur donner une conception juste de sa messianité.

Les disciples s'attendaient toujours à ce que le Christ régnât en qualité de prince temporel. Ils pensaient que bien qu'il eût si longtemps caché son dessein, il ne resterait pas toujours dans la pauvreté et l'obscurité; le temps approchait où il établirait son royaume. Que la haine des prêtres et des rabbins fût invincible, que le Christ dût être rejeté par sa propre nation, condamné comme séducteur et crucifié comme un malfaiteur, une telle pensée n'entrait pas dans l'esprit des disciples. Cependant l'heure de la puissance des ténèbres approchait, et il fallait que Jésus montrât aux disciples la lutte qui était devant eux. Le pressentiment de l'épreuve le rendait triste.

Jusqu'ici il s'était abstenu de leur parler de ses souffrances et de sa mort. Il est vrai qu'il avait dit, au cours de son entretien avec Nicodème: "Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut, de même, que le Fils de l'homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle." Mais les disciples n'avaient pas entendu ces paroles, et même s'ils les avaient entendues, ils ne les auraient pas comprises. Maintenant ils ont vécu avec Jésus, écoutant ses paroles, contemplant ses œuvres, et ils peuvent s'associer au témoignage de Pierre: "Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant" et cela malgré l'humilité de son entourage et l'opposition des prêtres et du peuple. Le moment est venu de soulever le voile qui cache l'avenir. "Jésus-Christ commença dès lors à montrer à ses disciples qu'il lui fallait aller à Jérusalem, y souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands-prêtres et des scribes, y être mis à mort et ressusciter le troisième jour."

Les disciples écoutaient, muets de douleur et d'étonnement. Le Christ venait d'accepter la déclaration de Pierre concernant sa filiation divine; les allusions qu'il faisait actuellement à ses souffrances et à sa mort leur paraissaient incompréhensibles. Pierre ne put garder le silence. Il n'aimait pas voir la croix dans l'œuvre du Christ. Il saisit le Maître, comme pour l'arracher au sort dont il était menacé, et s'écria: "A Dieu ne plaise, Seigneur, cela ne t'arrivera pas."

Pierre aimait son Seigneur; cependant Jésus ne le félicita pas d'avoir ainsi exprimé son désir de lui épargner des souffrances. Les paroles de Pierre n'étaient pas de nature à encourager et à consoler Jésus en vue de la grande épreuve qui l'attendait. En désaccord avec le dessein de la grâce divine concernant un monde perdu, et avec l'exemple d'abnégation donné par Jésus, elles risquaient de créer une impression diamétralement opposée à celle que le Christ désirait produire sur l'esprit de ses disciples; aussi le Sauveur fut-il amené à prononcer l'une des réprimandes les plus sévères qui soient jamais sorties de sa bouche: "Arrière de moi, Satan; tu es pour moi un scandale, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes."

Satan s'efforçait de décourager Jésus et de le détourner de sa mission; Pierre, dans son amour aveugle, se faisait l'écho de la voix du tentateur. C'est le prince du mal qui lui avait inspiré cette pensée. Cet appel irréfléchi était dû à son instigation. Au désert, Satan avait offert au Christ la domination du monde s'il voulait seulement renoncer à fouler le sentier de l'humiliation et du sacrifice. Il renouvelait aujourd'hui la même tentative auprès du disciple du Christ. Il s'efforçait de fixer les yeux de Pierre sur la gloire terrestre afin qu'il n'aperçût pas la croix vers laquelle Jésus voulait diriger ses regards. Par l'intermédiaire de Pierre, Satan assiégeait à nouveau Jésus de ses tentations. Mais le Sauveur, préoccupé au sujet de son disciple, ne prêtait aucune attention à cette tentative. Satan se plaçait entre Pierre et le Maître, pour empêcher le cœur du disciple d'être touché par la vision de l'humiliation que le Christ subissait pour lui. Le Christ s'adressa donc moins à Pierre qu'à celui qui s'efforçait de séparer le disciple de son Rédempteur: "Arrière de moi, Satan." Cesse de te placer entre moi et mon serviteur égaré. Laisse-moi face à face avec Pierre, pour que je puisse lui révéler le mystère de mon amour.

C'est lentement que Pierre parvint à apprendre la vérité amère. Le sentier du Christ, sur la terre, passait par l'agonie et l'humiliation, et le disciple alors répugnait à communier avec son Seigneur dans la souffrance. C'est la fournaise ardente qui lui ferait apprécier cette communion. Longtemps après, quand son corps fut courbé sous le poids des années et des labeurs, il écrivit: "Bien-aimés, ne vous étonnez pas de la fournaise qui sévit parmi vous pour vous éprouver, comme s'il vous arrivait quelque chose d'étrange. Au contraire, réjouissez-vous dans la mesure où vous participez aux souffrances du Christ, afin de vous réjouir aussi avec allégresse, lors de la révélation de sa gloire."

Jésus expliqua à ses disciples que sa propre vie d'abnégation était un exemple destiné à leur montrer le chemin à suivre. Appelant à lui, avec les siens, les personnes qui se tenaient à quelque distance, il leur dit: "Si quelqu'un veut marcher sur mes traces, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix et qu'il me suive." La croix, un supplice en usage chez les Romains, était l'instrument d'une mort aussi cruelle qu'infamante; les plus grands criminels, obligés de porter la croix jusqu'au lieu d'exécution, se débattaient souvent avec une violence désespérée quand on voulait la placer sur leurs épaules, mais on finissait par les maîtriser et leur imposer l'appareil de torture. Jésus invita ses disciples à prendre, volontairement, la croix et à la porter à sa suite. Ses paroles, bien que peu comprises, apprenaient aux disciples qu'ils allaient être soumis aux humiliations les plus profondes, — soumis à la mort elle-même pour l'amour du Christ. Les paroles du Sauveur exprimaient l'abandon le plus total. Tout cela Jésus l'avait accepté pour eux. Il n'avait pas désiré demeurer au ciel tant que nous étions perdus. Il avait échangé les parvis célestes contre une vie d'opprobre et d'injures couronnée par une mort ignominieuse. Il était devenu pauvre, celui qui possédait les trésors incommensurables du ciel, afin que par sa pauvreté nous fussions enrichis. Nous devons le suivre sur le sentier qu'il a foulé.

Aimer les âmes pour lesquelles le Christ est mort, c'est crucifier le moi. L'enfant de Dieu doit se regarder comme un simple anneau de la chaîne tendue d'en haut pour sauver le monde, se sentir un avec le Christ dans son plan de miséricorde, se mettre avec lui à la recherche de ce qui est perdu. Il faut que le chrétien se rappelle toujours qu'il s'est consacré à Dieu et que son caractère doit révéler le Christ au monde. Le sacrifice de soi-même, la sympathie, l'amour qui se sont manifestés dans la vie du Christ, doivent réapparaître dans la vie de l'ouvrier de Dieu.

"Quiconque en effet voudra sauver sa vie la perdra, mais quiconque perdra sa vie à cause de moi la trouvera." L'égoïsme c'est la mort. Aucun organe du corps ne peut vivre en se servant uniquement soi-même. Le cœur qui cesserait d'envoyer le sang vivifiant à la main et à la tête, perdrait bientôt sa force. Comme le sang qui nous donne la vie, ainsi l'amour du Christ se répand dans toutes les parties de son corps mystique. Nous sommes membres les uns des autres, et l'âme qui refuse de communiquer se condamne à périr. "Que servira-t-il à un homme de gagner le monde entier, si sa vie lui est ôtée? Ou que donnera un homme en échange de sa vie?" demanda Jésus.

Au-delà de la pauvreté et de l'humiliation du temps présent, Jésus montra aux disciples son retour glorieux, quand il viendra, non pas revêtu de la splendeur d'un trône terrestre, mais accompagné de la gloire de Dieu et des armées célestes. "Alors, dit-il, il rendra à chacun selon ses actions." Ensuite, pour les encourager, il leur fit cette promesse: "En vérité, je vous le dis, quelques-uns de ceux qui se tiennent ici ne goûteront point la mort avant d'avoir vu le Fils de l'homme venir dans son règne." Mais les disciples ne comprirent pas. La gloire leur paraissait bien éloignée. Leurs yeux restaient fixés sur une vision plus proche, celle d'une vie terrestre dans la pauvreté, l'humiliation et les souffrances. Devront-ils renoncer à leurs brillantes espérances d'un royaume messianique? Ne verront-ils pas leur Seigneur monter sur le trône de David? Est-il possible que le Christ doive vivre d'une vie humble et vagabonde, être méprisé, rejeté, mis à mort? La douleur oppressait leurs cœurs, car ils aimaient le Maître. Leur esprit, tenaillé par le doute, ne pouvait comprendre que le Fils de Dieu pût être sujet à une si cruelle humiliation. Ils se demandaient pourquoi il allait volontairement à Jérusalem pour s'y exposer au traitement qu'il leur avait dit devoir subir. Comment pouvait-il se résigner à un tel sort et les laisser dans les ténèbres plus épaisses que celles où ils se trouvaient avant de le connaître?

Dans la région de Césarée de Philippe le Christ était hors d'atteinte d'Hérode et de Caïphe: tel était le raisonnement des disciples. Il n'avait rien à craindre de la haine des Juifs ou du pouvoir romain. Pourquoi ne pas travailler là, loin des pharisiens? Pourquoi se serait-il livré à la mort? S'il devait mourir, comment son royaume pourrait-il être si fermement établi que les portes de l'enfer ne pussent prévaloir contre lui? C'était là pour les disciples un vrai mystère.

Ils étaient en route sur les bords de la mer de Galilée, se dirigeant vers la ville où toutes leurs espérances allaient être anéanties. Ils n'osaient pas adresser au Christ des remontrances; ils s'entretenaient tristement à voix basse, au sujet de l'avenir. Malgré tout, ils se cramponnaient à l'espoir qu'une circonstance imprévue écarterait le malheur qui semblait menacer leur Seigneur. Pendant six longs jours lugubres, ils restèrent dans cet état de douleur et de doute, d'espérance et de crainte.

 

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