Un avertissement rejeté


En prêchant la doctrine du retour du Seigneur, William Miller et ses collaborateurs n'avaient eu d'autre objet que de réveiller le monde et de l'aider à se préparer en vue du jugement. Leur seul but, en rappelant la véritable espérance de l'Eglise à ceux qui professaient la piété, avait été de les amener à une vie chrétienne plus réelle et de convaincre les inconvertis du devoir de se repentir et de se donner à Dieu sans retard. "Ils ne songèrent pas à recruter des adhérents à une secte ou à un parti religieux. Ils travaillèrent parmi tous les partis et toutes les sectes sans s'ingérer dans leur organisation ou leur discipline."

"Dans tous mes travaux, dit Miller, je n'ai jamais songé à établir une confession indépendante des églises existantes, ou à favoriser l'une au détriment de l'autre. Je désirais faire du bien à toutes. Je supposais que tous les chrétiens se réjouiraient à la perspective du retour du Christ et, croyant que ceux qui ne partageraient pas mes vues ne témoigneraient aucune inimitié à ceux qui les adopteraient, je n'avais jamais envisagé la nécessité de réunions séparées. Mon unique [406] but était de convertir des âmes à Dieu, d'avertir le monde d'un jugement imminent, et d'amener mes semblables à se préparer en vue de leur rencontre avec le Sauveur. La majorité de ceux qui se sont convertis grâce à mes travaux est entrée dans diverses églises."

Comme l'oeuvre de Miller tendait à édifier les églises, elle fut un moment envisagée avec faveur. Mais les pasteurs et les conducteurs religieux se prononcèrent contre la doctrine adventiste et, pour que cette question cesse d'être agitée, ils ne se contentèrent pas de manifester leur opposition du haut de la chaire, mais ils contestèrent à leurs ouailles le droit d'aller entendre des prédications et même de parler de leurs convictions dans les réunions d'édification. Les croyants se trouvèrent ainsi dans une situation des plus embarrassantes. Ils ne tenaient pas à se séparer de leurs églises qu'ils aimaient; mais quand ils virent qu'on imposait le silence au témoignage de la Parole de Dieu et qu'on leur déniait le droit d'étudier la prophétie, ils jugèrent que leur fidélité envers Dieu leur interdisait de se soumettre. Ne pouvant plus considérer comme Eglise du Christ, comme "colonne et appui de la vérité" une assemblée qui supprimait le libre témoignage de la Parole de Dieu, ils s'estimèrent autorisés à se séparer de leurs anciens frères. En conséquence, dans le courant de l'été de 1844, cinquante mille personnes environ se retirèrent des diverses confessions des Etats-Unis.

A partir de ce moment, on observa un changement radical dans la plupart de ces églises. Depuis quelques années, on avait remarqué en elles une tendance graduelle mais constante vers la mondanité, et, parallèlement, un déclin de la vie spirituelle; mais, en cette même année, un affaissement soudain et bien caractérisé se manifesta dans la plupart de ces congrégations. Ce fait, apparemment inexplicable, fut dûment constaté et commenté, tant dans la presse que du haut de la chaire. [407]

Lors d'une réunion du synode de Philadelphie, Charles Barnes, auteur d'un commentaire fort estimé et pasteur de l'une des principales églises de la ville, déclara que, pendant un ministère de vingt années, il n'avait jamais, jusqu'à la dernière assemblée, célébré la sainte Cène sans recevoir dans l'église un certain nombre de nouveaux membres. "Maintenant, dit-il, il n'y a pas de réveils, pas de conversions, pas de croissance en grâce apparente chez les membres, et personne ne vient me trouver pour s'entretenir avec moi de l'état de son âme. A la prospérité matérielle, aux progrès du commerce et de l'industrie, correspond un accroissement de la mondanité. Et il en est ainsi dans toutes les églises."

Au mois de février de la même année, le professeur Finney, du collège Oberlin, disait: "Nous avons pu constater qu'en règle générale les églises protestantes de notre pays sont ou indifférentes ou hostiles à presque toutes les réformes morales du siècle. Il y a des exceptions, mais elles n'infirment pas la règle générale. Nous nous trouvons en présence d'un autre fait: l'absence presque universelle de tout réveil dans les églises. Presque partout, l'on constate un marasme spirituel terriblement prononcé; la presse religieuse de tout le pays en fait foi. ... D'une façon générale, les membres de nos églises deviennent les esclaves de la mode: ils participent aux parties de plaisir, aux danses et aux festivités des inconvertis. ... Mais ne nous étendons pas sur ce pénible sujet. Qu'il nous suffise de dire, et cela devient de plus en plus évident et écrasant, que les églises en général dégénèrent d'une façon lamentable. Elles se sont fort éloignées du Sauveur, et il s'est retiré d'elles."

Un correspondant du Religious Telescope écrivait: "Jamais on n'avait encore assisté à un tel déclin religieux. Vraiment, l'Eglise devrait se réveiller et rechercher les causes de cette situation qui, aux yeux de tous ceux qui [408] aiment Sion, est une véritable calamité. Quand on réfléchit à la rareté des conversions réelles et à l'impertinence inouïe des pécheurs, on s'écrie presque involontairement: "Le Seigneur ne serait-il plus miséricordieux? ou bien la porte de la grâce serait-elle fermée?""

La cause de cet état de choses se trouvait forcément dans l'Eglise elle-même. Les ténèbres spirituelles qui enveloppent les nations, les églises et les individus ne proviennent pas de ce que Dieu retire arbitrairement les secours de sa grâce, mais de l'attitude des hommes à l'égard de la lumière. Un exemple frappant de ce fait est renfermé dans l'histoire de la nation juive au temps de Jésus. Par son attachement au monde et par son oubli de Dieu et de sa Parole, l'ancien Israël était tombé dans l'obscurité morale et la sensualité. Aussi alla-t-il, dans son orgueil et son incrédulité, jusqu'à rejeter son Rédempteur. Même alors, Dieu n'enleva pas au peuple juif la possibilité de connaître les bienfaits du salut et d'y participer. Mais ceux qui avaient rejeté la vérité avaient perdu tout désir de posséder ce don céleste. Ils avaient "changé les ténèbres en lumière et la lumière en ténèbres"; et combien grandes étaient ces ténèbres!

Il plaît à Satan de voir les hommes abandonner la piété vivante et ne retenir que les formes de la religion. Après avoir rejeté l'Evangile, les Juifs conservèrent jalousement leurs anciens rites; tout en reconnaissant que la présence de Dieu ne se manifestait plus au milieu d'eux, ils restèrent farouchement cantonnés dans leur exclusivisme national. La prophétie de Daniel indiquait de façon si précise le temps de la venue du Messie et prédisait si clairement sa mort, qu'ils en défendaient l'étude, et que les rabbins finirent même par prononcer l'anathème contre ceux qui s'y adonnaient. Dans son aveuglement et son impénitence, le peuple d'Israël est resté, pendant dix-huit siècles, indifférent aux offres gracieuses du salut et aux bienfaits de l'Evangile: exemple effrayant et solennel des dangers que court celui qui rejette la lumière du ciel. [409]

Les mêmes causes produiront toujours les mêmes effets. Quiconque résiste à ses convictions parce qu'elles contrarient ses inclinations finit par perdre la faculté de distinguer la vérité de l'erreur. L'entendement s'obscurcit, la conscience se cautérise, le coeur s'endurcit, et l'âme se sépare de Dieu. Là où la vérité divine est méprisée ou négligée, l'Eglise est plongée dans les ténèbres. La foi et l'amour font place à la mésentente et aux dissensions; les croyants concentrent leur attention et leur énergie sur les choses du monde, et les pécheurs s'endurcissent dans leur impénitence.

Le message de l'ange de l'Apocalypse annonçant "l'heure du jugement" et invitant le monde à "craindre Dieu et à lui donner gloire", était destiné à réveiller le peuple de Dieu et à le séparer des influences corruptrices du monde. Si les églises avaient accepté cet avertissement, elles auraient banni de leur sein les péchés qui les séparaient du ciel. Si elles avaient reçu ce message en toute sincérité, si elles s'étaient humiliées devant Dieu et préparées à subsister devant sa face, l'Esprit et la puissance d'en haut se seraient manifestés au milieu d'elles. Elles seraient revenues à l'unité, à la foi et à l'amour du temps des apôtres, alors que les croyants n'étaient "qu'un coeur et qu'une âme", qu'"ils annonçaient la parole de Dieu avec assurance", et que "le Seigneur ajoutait chaque jour à l'Eglise ceux qui étaient sauvés".

Si le peuple de Dieu recevait la lumière telle qu'elle brille dans les Ecritures, il réaliserait l'unité entrevue dans la prière de Jésus, et que l'apôtre appelle "l'unité de l'esprit par le lien de la paix". "Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation; il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême." [410]

Tels furent les résultats auxquels arrivèrent ceux qui acceptèrent le message adventiste. Issus de différentes confessions, ils renversèrent leurs barrières confessionnelles et pulvérisèrent leurs credo contradictoires. L'espérance, non conforme aux enseignements de la Bible, d'un millénium temporel fut abandonnée, les idées erronées sur le retour du Christ furent corrigées, l'orgueil et la conformité avec le monde disparurent, les torts furent réparés, les coeurs s'unirent dans la plus douce communion, l'amour et la joie régnèrent sans partage. Ces heureux effets accomplis pour un petit nombre, la doctrine du retour du Christ les eût répandus sur tous les chrétiens si tous l'avaient accueillie.

Malheureusement, les églises, en général, n'acceptèrent pas ce message d'avertissement. Leurs pasteurs qui, en leur qualité de "sentinelles de la maison d'Israël", auraient dû être les premiers à discerner les signes du retour de Jésus, n'avaient aperçu la vérité ni dans le témoignage des prophètes ni dans les signes des temps. Des espérances et des ambitions mondaines remplissant leurs coeurs, leur amour pour Dieu et leur foi en sa Parole se refroidirent et, quand la doctrine du retour du Christ leur fut présentée, elle ne rencontra que préjugés et incrédulité. On avançait contre ce message le fait qu'il était prêché presque exclusivement par des laïques. Comme les Juifs autrefois, on répondait au témoignage clair et précis de la Parole de Dieu par la question: "Y a-t-il un seul des chefs et des pharisiens qui ait cru en lui?" D'autres, voyant combien il était difficile de réfuter les arguments tirés des périodes prophétiques, déconseillaient l'étude des prophéties sous prétexte qu'étant scellées, elles ne pouvaient être comprises. Des foules, qui avaient en leurs pasteurs une confiance aveugle, refusèrent de prendre garde à l'avertissement; d'autres, bien que convaincus de la vérité, n'osaient pas la confesser, de peur "d'être chassés de la synagogue". Le message envoyé par Dieu pour éprouver et purifier l'Eglise révéla combien était grand le nombre de ceux qui avaient placé leurs affections [411] sur le monde et non sur Jésus-Christ. Les liens qui les retenaient à la terre étaient plus puissants que ceux qui les attiraient vers le ciel. Ils optèrent en faveur de la sagesse humaine et se détournèrent du message scrutateur de la vérité.

En rejetant l'avertissement du premier ange, ils repoussèrent le moyen que le ciel avait préparé en vue de leur restauration. Ayant méprisé le messager miséricordieux capable de corriger les maux qui les séparaient de Dieu, ils recherchèrent avec plus d'ardeur que jamais la faveur du monde. Telle était la cause de la terrible condition de mondanité, de tiédeur et de mort spirituelle qui régnait dans les églises en 1844.

Le premier ange du quatorzième chapitre de l'Apocalypse est suivi d'un second, qui proclame: "Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande, qui a abreuvé toutes les nations du vin de la fureur de son impudicité!" Le terme "Babylone" dérive du mot "Babel" qui signifie confusion. Il est employé dans l'Apocalypse pour désigner les différentes formes d'une religion fausse ou apostate. Au dix-septième chapitre, Babylone est représentée sous le symbole d'une femme, image que les Ecritures emploient pour désigner une église: une femme chaste, quand il s'agit d'une église pure; une femme corrompue, quand il s'agit d'une église apostate.

Dans le saint Livre, les relations sacrées et permanentes qui existent entre Jésus-Christ et son Eglise sont symbolisées par les liens du mariage. Le Seigneur s'est uni à son peuple par une alliance solennelle. Il lui promet d'être son Dieu, et son peuple, de son côté, s'engage à n'appartenir qu'à lui seul. Dieu lui dit: "Je serai ton fiancé pour toujours; je serai ton fiancé par la justice, la droiture, la grâce et la miséricorde"; "car je suis votre maître". Et l'apôtre [412] Paul se sert de la même figure dans le Nouveau Testament, quand il dit: "Je vous ai fiancés à un seul époux, pour vous présenter à Christ comme une vierge pure."

Quand l'Eglise détourne ses affections de Jésus pour les reporter sur les choses du monde, son infidélité est comparée à la violation du voeu conjugal. Israël s'éloignant du Seigneur est représenté sous cette image, et le merveilleux amour de Dieu, méconnu, est ainsi dépeint: "Je te jurai fidélité, je fis alliance avec toi, dit le Seigneur, l'Eternel, et tu fus à moi." "Tu étais d'une beauté accomplie, digne de la royauté. Et ta renommée se répandit parmi les nations, à cause de ta beauté; car elle était parfaite, grâce à l'éclat dont je t'avais ornée. ... Mais tu t'es confiée dans ta beauté, et tu t'es prostituée, à la faveur de ton nom." "Comme une femme est infidèle à celui qui l'aime, ainsi vous m'avez été infidèles, gens de la maison d'Israël."

Le Nouveau Testament se sert d'un langage analogue à l'égard des soi-disant chrétiens qui apprécient plus hautement la faveur du monde que celle de Dieu. "Adultères que vous êtes! dit l'apôtre Jacques, ne savez-vous pas que l'amour du monde est inimitié contre Dieu? Celui donc qui veut être ami du monde se rend ennemi de Dieu."

La femme du dix-septième chapitre de l'Apocalypse (appelée Babylone) est décrite comme "vêtue de pourpre et d'écarlate, et parée d'or, de pierres précieuses et de perles. Elle tenait dans sa main une coupe d'or, remplie d'abominations et des impuretés de sa prostitution. Sur son front était écrit un nom, un mystère: Babylone la grande, la mère des impudiques." Le prophète poursuit: "Je vis cette femme ivre du sang des saints et du sang des témoins de Jésus." Il est dit, de plus, que Babylone "est la grande ville qui a la royauté sur les rois de la terre". La puissance qui, durant tant de siècles, a exercé un règne [413] despotique sur tous les monarques de la chrétienté, c'est Rome. La pourpre et l'écarlate, l'or, les pierres précieuses et les perles dont cette femme est parée rappellent d'une manière frappante la magnificence et la pompe plus que royales de la cour de Rome. En outre, aucun pouvoir humain n'a été "ivre du sang des saints" comme l'église qui a si cruellement persécuté les disciples de Jésus-Christ. Babylone est aussi accusée de relations illicites avec "les rois de la terre". En s'éloignant de Dieu et en s'alliant avec les païens, l'église juive était devenue une prostituée. Or, en recherchant l'appui des pouvoirs de la terre, Rome s'est rendue coupable du même péché, et encourt la même inculpation.

Babylone est appelée "la mère des impudiques". Ses filles représentent évidemment les églises qui s'attachent à ses doctrines et à ses traditions, et qui, comme elle, sacrifient la vérité et l'approbation de Dieu pour contracter une alliance illicite avec le monde. Le message annonçant la chute de Babylone concerne des organisations religieuses qui, autrefois pures, se sont corrompues. Etant donné que ce message suit la proclamation de "l'heure du jugement" et se rapporte aux derniers jours, il ne peut désigner l'église catholique seule, "tombée" il y a des siècles. En outre, au dix-huitième chapitre, le "peuple de Dieu" est invité à sortir de Babylone. D'après ce passage, nombre d'enfants de Dieu se trouvent encore dans Babylone. Quels corps religieux recèlent, actuellement, la plus forte proportion de disciples de Jésus? Ce sont, sans aucun doute, les diverses églises professant la foi protestante. Au moment de leur naissance, ces églises ont pris noblement position pour Dieu et pour la vérité, et la bénédiction de Dieu a reposé sur elles. Les non-croyants eux-mêmes ont dû reconnaître les bienfaits qui découlent de l'acceptation des principes de l'Evangile. Pour employer les termes du prophète, "ta renommée se répandit parmi les nations, à cause de ta beauté; car elle était parfaite, grâce à l'éclat dont je t'avais ornée, dit le Seigneur, l'Eternel". Mais ces églises sont tombées par le péché même qui avait été la cause de la ruine d'Israël: le [414] désir de suivre l'exemple et de gagner l'amitié des impies. "Tu t'es confiée dans ta beauté, et tu t'es prostituée, à la faveur de ton nom."

Un grand nombre d'églises protestantes suivent l'exemple de Rome dans son commerce impur avec les rois de la terre; les églises nationales, en s'alliant avec les gouvernements civils; puis d'autres églises, en recherchant la faveur du monde. Le terme "Babylone" (confusion) convient bien à ces corps religieux qui, professant tous puiser leurs doctrines dans les Ecritures, sont fractionnés en sectes innombrables aux croyances et aux théories contradictoires.

Outre leur union illégitime avec le monde, les églises sorties de Rome lui ressemblent à d'autres égards encore. Un ouvrage catholique affirme que, "si l'Eglise de Rome fut jamais coupable d'idolâtrie à l'égard des saints, sa fille, l'Eglise anglicane, qui a dix églises consacrées à Marie pour une consacrée à Jésus-Christ, participe à la même culpabilité".

Dans son Traité sur le Millénium, le docteur Hopkins écrit: "Il n'y a pas de raison de prétendre que l'esprit et les rites antichrétiens sont le monopole de l'Eglise de Rome. Les églises protestantes ont conservé dans leur sein bien des choses provenant de l'Antichrist, et elles sont loin d'être réformées de ... toute corruption et de toute méchanceté."

Au sujet de la séparation de l'Eglise presbytérienne d'avec Rome, le docteur Guthrie s'exprime ainsi: "Il y a trois cents ans, notre église sortait du giron de Rome portant sur ses étendards une Bible ouverte et cette devise: Sondez les Ecritures. Puis il pose cette question significative: "Est-elle sortie pure de Babylone?"

"L'Eglise anglicane, dit Spurgeon, semble être entièrement dévorée par le puseyisme; mais la dissidence [415] paraît être tout aussi entamée par l'incrédulité philosophique. Ceux dont nous attendions de meilleures choses se détournent l'un après l'autre des bases de la foi. Je crois que le coeur de l'Angleterre est rongé par une damnable incrédulité qui ose encore monter en chaire et se dire chrétienne."

Quelle fut l'origine de la grande apostasie? Comment l'Eglise s'est-elle éloignée, aux premiers siècles, de la simplicité de l'Evangile? C'est en adoptant les pratiques païennes afin de faciliter la conversion des païens. L'apôtre Paul écrivait, au premier siècle: "Le mystère de l'iniquité agit déjà." Pendant la vie des apôtres, l'Eglise resta relativement pure. Mais "vers la fin du second siècle, la plupart des églises se transformèrent; la simplicité première disparut, et, insensiblement, à mesure que les anciens disciples descendaient dans la tombe, leurs enfants, en compagnie des nouveaux convertis, ... entrèrent en scène et donnèrent une forme nouvelle à la cause". Pour obtenir des conversions, on abaissa le niveau de la foi chrétienne; "le paganisme inonda l'Eglise et y introduisit ses coutumes, ses pratiques et ses idoles". Assuré de la faveur et de l'appui des princes, le christianisme fut nominalement accepté par les foules, dont un grand nombre d'individus, apparemment chrétiens, "restaient réellement païens, et continuaient d'adorer leurs idoles en secret".

Le même processus ne s'est-il pas répété dans presque toutes les Eglises soi-disant protestantes? A mesure que disparurent les hommes qui les avaient fondées dans le véritable esprit de la Réforme, leurs descendants donnèrent une forme nouvelle à la cause. Fanatiquement attachés au credo de leurs pères mais refusant d'accepter toute vérité nouvelle, les enfants des réformateurs se sont écartés de l'exemple d'humilité, de renoncement et de simplicité qu'ils avaient reçu. [416]

Cet amour du monde, qui est une "inimitié contre Dieu", est excessivement répandu parmi les soi-disant disciples du Christ. Dans toute la chrétienté, les églises populaires se sont beaucoup éloignées de l'humilité, du renoncement, de la simplicité et de la piété enseignés par la Bible. Voici ce qu'a écrit Jean Wesley au sujet de l'usage légitime de l'argent: "Ne perdez aucune parcelle de ce précieux don pour satisfaire la convoitise des yeux par des vêtements superflus et coûteux, ou par des ornements inutiles. N'en gaspillez rien pour décorer votre maison d'objets d'art, pour la garnir de meubles superflus ou coûteux ou pour l'embellir de tableaux et de dorures. ... Ne le dépensez pas pour satisfaire l'orgueil de la vie et attirer l'admiration ou la louange des hommes. ... Tant que "tu te vêtiras de pourpre et de fin lin, et que chaque jour tu mèneras joyeuse et brillante vie", beaucoup de gens, sans doute, applaudiront à la finesse de ton goût, à ta générosité et à ton hospitalité. Mais n'achète pas si cher leurs applaudissements. Contente-toi plutôt de l'honneur qui vient de Dieu." De nos jours, hélas! bien des églises dédaignent ces exhortations.

L'appartenance à l'Eglise est un facteur de considération. Dans certains pays, les dirigeants, les diplomates, les avocats, les docteurs, les négociants s'y font recevoir pour s'assurer le respect et la confiance de la société et soigner leurs propres intérêts, cherchant à dissimuler toutes leurs indélicatesses sous le manteau du christianisme. Les différentes confessions religieuses, fortes de la richesse et de l'influence de ces mondains baptisés, s'en servent en vue d'accroître la faveur dont elles jouissent auprès du public. De superbes églises, enrichies de la façon la plus extravagante, s'érigent sur les avenues les plus fréquentées. Les fidèles sont somptueusement vêtus. Des honoraires élevés sont offerts à des pasteurs de talent capables d'attirer et de captiver de grands auditoires. On exige d'eux des sermons [417] chatouillant agréablement les oreilles et ne dénonçant pas le péché. C'est ainsi que les noms de pécheurs de distinction encombrent les registres de l'Eglise, et que les péchés à la mode sont cachés sous l'apparence de la piété.

Parlant de l'attitude actuelle des soi-disant chrétiens à l'égard du monde, un grand quotidien écrivait: "Insensiblement, l'Eglise a cédé devant l'esprit du siècle et a adapté ses formes de culte aux besoins modernes. ... L'Eglise utilise actuellement tout ce qui peut rendre la religion attrayante." L 'Independent, de New York, disait du méthodisme tel qu'il est maintenant: "La ligne de démarcation entre les gens pieux et les impies se perd dans une espèce de pénombre, et dans les deux camps des hommes zélés s'emploient activement à oblitérer toute différence entre leurs façons d'agir et de s'amuser. ... La popularité de la religion tend à augmenter sensiblement le nombre de ceux qui veulent s'en assurer les avantages, sans en remplir honnêtement les devoirs."

Howard Crosby s'exprimait en ces termes: "Il est alarmant de constater que l'Eglise de Jésus-Christ répond si peu aux intentions de son Maître. De même que les Juifs, par leur familiarité avec les idolâtres, s'étaient autrefois éloignés de Dieu, ... l'Eglise de Jésus, par une intimité illicite avec un monde incrédule, perd graduellement la vie divine et s'abandonne aux coutumes pernicieuses d'une société sceptique et irréligieuse."

Emportée par la marée montante de la mondanité, par l'amour du plaisir, l'Eglise perd la notion du renoncement et du sacrifice pour le nom de Jésus. "Plusieurs des hommes et des femmes qui jouent actuellement un rôle dans nos églises ont appris, dans leur enfance, à consentir des sacrifices pour subvenir à l'oeuvre de Dieu." Mais "maintenant, quand l'Eglise a besoin d'argent, songe-t-on [418] à solliciter des dons? Oh non! On organise une vente, une soirée récréative, une loterie, un banquet, n'importe quoi, pourvu que cela soit amusant!"

Dans son message annuel du 9 janvier 1873, le gouverneur Washburn, du Wisconsin, faisait la déclaration suivante: "Une loi serait nécessaire pour fermer les écoles où se forment les amateurs du jeu. On les voit partout. Il arrive même que l'Eglise—sans doute inconsciemment—contribue à l'oeuvre du diable. Je parle des concerts, des soirées, des tombolas, quelquefois organisés au profit d'oeuvres charitables, mais souvent aussi à des fins moins utiles, consistant uniquement à obtenir de l'argent sans rien donner en contrepartie. Rien n'est si démoralisant, ni si alléchant, en particulier pour la jeunesse, que de trouver le moyen d'obtenir de l'argent ou d'autres biens sans avoir à travailler. Puisque des gens respectables collaborent à des entreprises où la chance joue le rôle principal, et tranquillisent leur conscience par la pensée que l'argent ainsi obtenu est destiné à un bon but, il ne faut pas s'étonner que notre jeunesse prenne si facilement des habitudes dont les jeux de hasard sont presque infailliblement la cause."

La mondanité envahit toutes les églises. Dans un sermon prêché à Londres, Robert Atkins traçait ce sombre tableau du déclin spirituel en Angleterre: "Le nombre des hommes réellement droits diminue, mais personne ne prend la chose à coeur. Dans toutes les églises, ceux qui professent la religion aiment le monde et s'y conforment, recherchent leurs aises et veulent être considérés. Appelés à souffrir avec Jésus-Christ, le mépris suffit à les faire reculer. Apostasie, apostasie, apostasie, voilà le mot gravé sur le fronton de toutes les églises. Si elles le savaient, si elles en avaient le sentiment, il y aurait de l'espoir; mais hélas! elles s'écrient: "Nous sommes riches, nous nous sommes enrichies, nous n'avons besoin de rien."" [419]

Le grand péché imputé à Babylone, c'est d'avoir "fait boire à toutes les nations du vin de la fureur de son impudicité". Cette coupe enivrante qu'elle offre au monde représente les fausses doctrines héritées par elle en courtisant les grands de la terre. L'amour du monde a dénaturé sa foi, et l'église déchue exerce à son tour sur ce dernier une influence néfaste en enseignant des doctrines directement opposées aux déclarations les plus explicites des saintes Ecritures.

Rome avait soustrait la Bible au peuple et lui avait offert en échange ses enseignements. L'oeuvre de la Réforme consista à restituer la Parole de Dieu à l'humanité; mais n'est-il pas trop vrai que les églises de nos jours enseignent à leurs membres à faire reposer leur foi sur leur credo plutôt que sur les saintes Ecritures? Le pasteur Charles Beecher disait des églises protestantes: "Elles reculent devant toute parole sévère contre la confession de foi avec la même frayeur que les saints Pères l'eussent fait devant toute condamnation à l'endroit de la vénération des saints et des martyrs qu'ils étaient en train de cultiver chez leurs contemporains. ... Les églises évangéliques se sont lié les mains au point qu'il n'est plus possible de devenir prédicateur sans se soumettre à quelque livre autre que la Parole de Dieu. ... Ce que je dis là n'est pas une fiction, mais un fait: la puissance du credo est maintenant en train d'écarter les Ecritures tout aussi réellement, quoique de façon plus subtile, que Rome ne l'a fait dans le passé."

Quand des interprètes fidèles expliquent la Parole de Dieu, de savants exégètes prétendent que la saine doctrine est une hérésie, et détournent les gens de la recherche de la vérité. Si le monde n'était pas désespérément ivre du vin de Babylone, des foules se convertiraient sous l'influence des vérités claires et précises de la Bible. Mais la foi religieuse [420] paraît si confuse et si contradictoire, que beaucoup se demandent ce qu'il faut croire. L'impénitence du monde est imputable à l'Eglise.

Le message du second ange, d'abord prêché dans le courant de l'été de 1844, s'appliquait alors plus directement aux églises des Etats-Unis, où l'avertissement relatif au jugement avait été plus généralement prêché et rejeté, et où le déclin avait été le plus rapide. Pourtant, la proclamation de ce message ne s'acheva pas en 1844. Les églises firent alors, il est vrai, une chute morale due à la réjection de la lumière du message adventiste. Mais cette chute ne fut pas totale. En persistant à fermer l'oreille aux vérités destinées à notre temps, elles sont tombées de plus en plus bas. Toutefois, on ne peut pas dire encore: "Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande, ... qui a abreuvé toutes les nations du vin de la fureur de son impudicité." Elle n'a pas encore abreuvé toutes les nations. L'esprit de conformité au monde et d'indifférence envers les vérités claires et précises destinées à notre époque gagne du terrain dans les églises protestantes de toute la chrétienté, et ces églises sont comprises dans la terrible et solennelle dénonciation du second ange. Mais l'apostasie n'est pas encore parvenue à son comble.

La Bible déclare qu'avant la venue du Christ, Satan opérera "avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, et avec toutes les séductions de l'iniquité", et que ceux qui "n'ont pas reçu l'amour de la vérité pour être sauvés" recevront "une puissance d'égarement, pour qu'ils croient au mensonge". Ce n'est que lorsque cet état de choses sera atteint, et que l'union de l'Eglise avec le monde sera consommée dans toute la chrétienté, que la chute de Babylone sera complète. Ce changement est progressif, et l'accomplissement total du message du second ange est donc encore dans l'avenir. [421]

Malgré les ténèbres spirituelles et l'éloignement de Dieu qui règnent dans les églises constituant Babylone, la majorité des vrais disciples de Jésus se trouve encore dans leur sein. Bien des personnes n'y ont pas encore eu connaissance des vérités spéciales pour notre temps. Nombreux sont ceux qui soupirent après plus de lumière, et qui cherchent en vain l'image du Christ dans leurs églises respectives. A mesure que ces églises s'éloignent de la vérité et s'allient plus intimement avec le monde, la différence entre les deux classes devient plus évidente. Une séparation aura lieu. Le temps vient où ceux qui aiment vraiment Dieu ne pourront plus rester en communion avec ceux qui "aiment le plaisir plus que Dieu".

Le dix-huitième chapitre de l'Apocalypse se rapporte au temps où, par suite de la réjection du triple avertissement du quatorzième chapitre (6-12), l'Eglise sera dans la condition prédite par le second ange, et où le peuple de Dieu resté dans Babylone sera exhorté à en sortir. Ce message est le dernier qui sera jamais donné au monde, et il accomplira sa mission. Quand "ceux qui n'ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir à l'injustice", seront abandonnés à une puissance d'égarement et croiront "au mensonge", la lumière de la vérité brillera sur ceux qui seront prêts à la recevoir. A ce moment-là, tous les enfants de Dieu demeurés dans Babylone obéiront à l'appel: "Sortez du milieu d'elle, mon peuple." ......... [422] [423]

 

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Il n'est guère possible de capturer toute la méchanceté et
le mal dans ce monde sans avoir lu le livre
Les Deux Babylones


Le jour de fin du monde est imprévisible, mais quand
féroce la haine mondiale surgit contre un petit groupe chrétien, ce
sera environ une année de plus. En attendant, il peut y avoir
confusion et la perplexité, mais soyez assuré, le jour de la fin,
quant à ce jour, personne ne les connaît, pas même les
anges dans le ciel ni le Fils, le Père seul les connaît.
Marc 13:32

 

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the other Godhead] [Health Care without Prescription Drugs] [finding Peace within]
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is there Death after Life] [Healthful Living] [early Writings of  Ellen G. White]
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True Protestantism is dying because?] [Truth and Spiritual Knowledge]
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New Age Bible Versions] [What happened 508 CE?]
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global power elite]
 

qui etait thammuz, pourquoi la vierge marie pleure a chaque apparition, prophéties de la vierge marie, vierge marie tonnerre de la justice, les États-unis est il la deuxieme bete dont parle l´apocalypse chapitre, le culte de la mère et l enfant, vicaire du fils de dieu, signe du tau ezechiel 9 verset 4, quelle religion qui reconnait la marque de la bete, origine de l'adoration de la vierge marie, une blessure mortelle de la bête, vierge de guadaloupé